Privatisation d’ADP : Le ministre veut rassurer salariés et compagnies

L'annonce de la privatisation future d'ADP - dont les conditions devraient être officiellement annoncées lundi prochain - provoque l'inquiétude des salariés du groupe mais aussi, indirectement des compagnies aériennes qui craignent une hausse des taxes déjà très lourdes. Le ministre de l'Economie assure vouloir "tirer les leçons de ce qui s'est passé sur les autoroutes".

Les voyageurs d'affaires risquent de faire indirectement les frais d'une privatisation des aéroports gérés par Aéroports de Paris, car si les prix des tarifs aéroportuaires augmentent, les transporteurs devront les répercuter. Venu visiter le siège d'ADP, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est voulu rassurant ce mercredi, affirmant que l'emploi serait préservé et les tarifs aéroportuaires contrôlés pour éviter de reproduire les erreurs commises lors de la privatisation des autoroutes.

Le ministre a été mis au pied du mur par des salariés mobilisés par plusieurs syndicats du groupe ADP qui voulaient en savoir plus, et un premier rendez-vous a eu lieu au débotté au siège de l'entreprise de Tremblay-en-France. Un autre rendez-vous a été fixé à Bercy le 20 juin.

"Les salariés ont un statut. Ce statut ne sera pas remis en cause, nous sommes en train de définir un cahier des charges pour le futur concessionnaire (...) avec des obligations importantes", a affirmé le ministre devant les journalistes qui a précisé que la "régulation sur les tarifs" aéroportuaires sera garantie pour éviter leur explosion et l'Etat va "en outre garantir par la loi un nombre de rotations qui sera le même que celui qui existe aujourd'hui", a-t-il poursuivi.

Bruno Le Maire avait également été interrogé mercredi matin sur RTL, et il a affirmé vouloir "tirer les leçons de ce qui s'est passé sur les autoroutes", dont la privatisation par le gouvernement de Dominique de Villepin en 2005 est aujourd'hui très décriée. "Nous aurons un contrat de régulation dans lequel les tarifs seront révisés tous les cinq ans, et où l'Etat gardera la possibilité s'il estime que les tarifs proposés par la société ne sont pas satisfaisants de reprendre la main", a promis M. Le Maire. Les aéroports sont "un actif clé, une porte d'entrée sur le territoire français. Nous tiendrons compte dans l'appel d'offre du caractère particulier de cette infrastructure", a-t-il précisé.