Privatisation du Groupe ADP: déjà 6 candidatures sérieuses

Il faudra cependant attendre le vote définitif de la loi Pacte, au mois de février, pour démarrer le processus de privatisation du Groupe ADP. Mais déjà, l’État - actionnaire à 50,6% - se prépare.

L’État veut d'abord mesurer les forces en présence et l’appétit des investisseurs du monde entier. Le patron de l’Agence des participations de l’État (APE) a reconnu avoir des marques d’intérêts de plusieurs consortiums. C’est tout le défi pour l’État actionnaire d’avoir une compétition assez forte pour faire monter les enchères et vendre la totalité de sa participation de 50,6%, qui est valorisée à 9 milliards d’euros.

D'après plusieurs sources, une vingtaine de candidats étudient le dossier. Pour être capable de mobiliser près de 20 milliards d’euros, tous devront se regrouper. Ainsi, l’État veut tester la volonté des leaders de consortiums. Charge à eux ensuite de trouver leurs associés. "On prendra notre temps car on veut s’assurer que ceux qui se manifestent aujourd’hui seront présents quand il faudra faire des offres sérieuses ", précise-t-on au ministère des Finances.

Déjà six candidatures se détachent. Vinci, bien sûr, déjà actionnaire d’ADP à 8% et candidat déclaré de longue date. Il est proche de l’actuel actionnaire Predica, l’assureur du Crédit Agricole, qui est prêt à réinvestir dans le groupe. Il le serait aussi de la Caisse des Dépôts du Québec (CDPQ). Deux autres industriels sont sur les rangs. D’abord, l’espagnol Ferrovial, déjà propriétaire de l’aéroport londonien d’Heathrow, a confirmé s’intéresser à la privatisation d’ADP.

L’italien Atlantia a été pendant de longs mois le principal rival du français Vinci. Il a racheté à l’État l’aéroport de Nice en 2016, mais l’effondrement du pont de Gênes l’été dernier, dont il est le concessionnaire, handicape sa candidature. Plusieurs grands fonds d’investissement spécialisés dans les infrastructures sont également sur les rangs. Trois noms se dégagent : IFM, GIP et Macquarie.

IFM aurait déjà pris contact avec des fonds canadiens et australiens pour l’épauler. Il est d’ailleurs déjà propriétaire de plusieurs aéroports en Australie, ainsi que ceux de Vienne et Manchester en Europe. Macquarie, bien connu en France pour avoir participé à la privatisation de l’aéroport de Lyon, est aussi l’un des favoris pour celle de Roissy et Orly. Il pourrait s’allier à GIC, le fonds souverain de Singapour, avec qui il dispose d’un partenariat au niveau mondial. Enfin, GIP - Global infrastructures Partners - est aussi en lice. Il est déjà propriétaire de l’aéroport londonien de Gatwick et de celui Édimbourg.