Quand Ryanair prend les dirigeants européens pour des naifs

A force de vouloir se coller aux événements pour faire le buzz, Ryanair finit par se fourvoyer ! Ce n’est ni la première, ni la dernière fois. Pourtant, l’idée de départ est loin d’être fausse : les low cost ont révolutionné le transport aérien.

Lors d’une intervention à la Conférence du Tourisme de Malte, le Directeur du marketing de Ryanair, Kenny Jacobs, a souligné le rôle des vols low cost en Europe, qui ont été un moteur clé de la croissance du tourisme régional et de la création d'emplois. Ce qui n'est pas faux.

Pour la compagnie irlandaise, le tourisme pourrait progresser encore plus vite si les dirigeants européens mettaient en œuvre les 5 mesures que préconisent Ryanair, à savoir :
• La réduction des coûts aéroportuaires et la suppression des taxes sur les voyages de courte distance en Europe
• S'attaquer à la pénurie d'hébergements qui augmente les prix en réduisant les coûts et en construisant plus d'hôtels
• Améliorer la commercialisation des destinations de l'UE pour encourager les citoyens de l'UE à passer des vacances en Europe
• Développer de nouvelles infrastructures touristiques régionales, telles que le sud de l'Italie et le nord de l'Espagne
• Développer le tourisme tout au long de l'année et des voyages hors-pic tels que les city breaks

Vous l’aurez compris, Ryanair prêche pour sa paroisse en se souciant assez peu de la réalité économique des marchés européens, du coût des infrastructures et du prix de la sécurité des passagers.

A l'image des "partenariats" engagés avec les régions et les villes, la compagnie veut plus d'investissements publics pour un meilleur développement du voyage. Et Kenny Jacobs d’annoncer une hausse potentielle de 10% l'année prochaine (par rapport aux 4% prévus pour 2018) et la création de 2 millions de nouveaux emplois supplémentaires. Des chiffres invérifiables qui collent bien à la vision ultra libérale et peu réaliste de la compagnie à bas prix régulièrement montrée du doigt pour son approche sociale qualifiée souvent "d’inexistante" par son propre personnel.