Ryanair: « Les vols vers la Grande-Bretagne pourraient être annulés après le Brexit »

Pessimiste ou provocateur ? Difficile de le dire tant Michael O'Leary est aujourd'hui précis dans ses arguments et le regard qu'il porte sur le Brexit. Pour lui, "Les vols vers et de la Grande-Bretagne pourraient être annulés dans les semaines qui suivront la mise en place du Brexit". Cité par The Independent, il joute "le transport low cost va se reconstruire sans l'Angleterre".

Pour le patron de Ryanair, les européens ne feront pas de cadeaux aux Britanniques dans le monde très concurrentiel du transport aérien. Et de préciser "L'Angleterre pense qu'elle peut imposer sa vision de l'économie de marché mais ce n'est pas ce que veulent nos voisins". Selon lui, "Le Royaume-Uni envisage d'abandonner les accords de ciel ouvert dans le cadre des négociations Brexit ce qui veut dire qu'ils devront négocier des accords bilatéraux avec chacun des partenaires européens au cours des deux prochaines années". S'ils ne réussissent pas à s'entendre, "Il est fort possible que les vols à bas prix au départ de l'Angleterre soient très limités". Il rejoint ainsi directement les patrons des compagnies aériennes européennes qui insistent sur l'urgence des négociations aériennes.

Michael O'Leary, qui a déjà reproché leur arrogance politique aux Britanniques, va plus loin: "Quand vous allez expliquer aux Anglais qu'ils ne pourront plus aller, à très bas prix, en Espagne pour leurs vacances, là ils comprendront ce que l'Europe veut dire". Des propos surprenants dans la bouche d'un homme qui passe une grande partie de son temps à s'attaquer aux institutions européennes.

A l'occasion de cet entretien au journal The Independent, il a renouvelé son souhait de voir privatiser l'ensemble des services associés aux transports aériens, "Ryanair a prouvé depuis longtemps que le transport aérien appartient au secteur privé. Un gouvernement est incapable de gérer un transport à faible coût". Pour le patron de la première compagnie low cost, "La bataille qui s'annonce ne fera pas de cadeaux aux étoiles montantes adulées par la presse. Ce sont les clients qui font le quotidien d'une compagnie, pas le buzz".