Mais cette volonté d’aller vite ne cache-t-elle pas d’autres visées ? A la SNCF, c’est la CGT qui mène le bal laissant derrière des concurrents syndicaux qui ne veulent pas apparaître comme de simples suiveurs. La CGT a d'ailleurs fait savoir qu'elle était prête à "faire grève un mois". Mais la CFDT sait que, cette fois ci, l’opinion publique n’est pas derrière les cheminots. C’est sans doute le point vital du conflit qui s’annonce.
Coûts élevés du train, dysfonctionnements, retards et pannes sont venus ternir l’image de l’entreprise ferroviaire et de son personnel. La longue liste des avantages évoqués dans la presse agace des Français appelés, eux aussi, à des réformes qui pénalisent leurs revenus et engagent de profondes mutations sociales. Ce mardi 27 février, un sondage Harris interactive pour RMC et Atlantico révèle que près de sept Français sur dix (69%) sont pour la fin du statut de cheminot. Le connaissent-ils vraiment ? C'est une vraie question. Mais d'après cette enquête d'opinion, 54% des Français se montrent favorables au recours aux ordonnances pour faire adopter cette réforme, comme le veut le gouvernement, alors que 46% y sont opposés. Preuve que le gouvernement a compris la situation, Edouard Philippe a clairement dit qu’il ne toucherait pas aux lignes régionales. Une approche futée qui caresse dans le sens du poil les élus locaux et les populations rurales et détruit l’argument syndical de la fin du service public.



