Nous le disons souvent et les données le confirment: le monde des achats - et les formations spécialisées qui y sont associées - prennent le dessus sur les fonctions dédiées du travel management. Autre remarque, les pôles « services généraux » reviennent à la une de l’actualité en matière de déplacements. Ils étaient puissants dans le monde de la gestion de flotte, voilà qu’ils s’enrichissent de nouvelles missions dans celui des déplacements professionnels. A l’évidence, la spécificité « travel » n’est pas un besoin fort dans les PME/PMI ou tout du moins elle n'est pas vécue comme telle dans l'organigramme. Seules les entreprises du CAC 40 (et encore pas toutes) s’attachent les services d’un acheteur spécialisé voyages dont le pouvoir de décision est en forte baisse face au process d’achats mis en place.
Malgré cette situation contrastée, et une demande toujours présente, le métier de TM, souvent occupé par de vieux routiers du sujet, va connaître un profond renouvellement ces prochaines années. A l’ESCAET, l’anniversaire de l’école a été l'occasion de souligner la place que devra prendre la nouvelle génération d’étudiants formée au corporate travel. Un rôle élargi, moins contraint par la finalité du travail mais avec une vision panoramique de la mobilité. Cette vision est juste mais a du mal à s’imposer. Et dans un premier temps, la mission est basique, trouver des stages aux étudiants. L’AFTM n’a pas manquer de solliciter ses membres en ce mois de janvier pour les inciter à aider les futurs pros à prendre pied dans le métier. C’est la transmission indispensable des savoirs.
Dans ce contexte difficile, on assiste à quelques demandes dans les entreprises. Safran a publié via l’Apec une offre de Responsable Achats Pôle Voyage H/F. Idem pour une grosse société aéronautique qui a fait appel à un cabinet spécialisé pour trouver son acheteur « voyages et déplacements ». Mais cette hirondelle est loin de faire le printemps. Les offres d’emploi sont plus nombreuses dans l’univers des fournisseurs que dans celui des entreprises. Faut-il alors changer son fusil d’épaule ? C’est tout l’enjeu des prochaines années.



