Voyageurs d’affaires, Kate vous donne rendez-vous dans les aéroports

Les voyageurs d'affaires aux prises avec les files d'attente dans les aéroports pourront-ils retrouver de la sérénité un jour ? Intelligence artificielle et robots se mettent en place pour tenter de faire face à la hausse du trafic dans des aéroports congestionnés. Dans une vision très futuriste, le fournisseur de solutions Sita élabore des scénarios qui esquissent un futur plus souriant. Feront-ils le quotidien des générations Z des déplacements professionnels ?

Les terminaux des aéroports vont-ils subir un embouteillage permanent ? En 2035, selon l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne Eurocontrol, 237 millions de passagers ne pourront pas embarquer dans les avions, faute de capacités suffisantes en Europe. Le 31 août 2018, le record (36 966 vols) enregistré par les réseaux continentaux confirme un état de surchauffe. "Nos technologies permettent de gagner 30 % de capacités, à infrastructures équivalentes", promet Sergio Colella, président de la Société internationale de télécommunication aéronautique (SITA) pour la zone Europe.

Avec 6,7 % de croissance du trafic passagers escomptés en 2018, après une année record en 2017 (+ 8,5 %), "l'aviation européenne a atteint ses limites", estime-t-il. Les gains de capacités ne proviendront pas d'un meilleur remplissage des avions, qui s'établit déjà à plus de 90 % en moyenne. "La réponse est à chercher dans l'internet des objets connectés, dans l'intelligence artificielle et dans la biométrie", propose Sergio Colella. Comment ? "L'alliance des nouvelles technologies permet une communication fluide entre les opérateurs du transport aérien. Elle réduit le stress des passagers dû à l'attente et aux retards. Elle est source d'économies pour les exploitants des plates-formes aéroportuaires et pour les compagnies", promet Sergio Colella.

Selon Barbara Dalibard, directrice générale de SITA, "les économies potentielles qui découleraient d'une meilleure gestion des bagages, d'une meilleure allocation des infrastructures et d'une réduction de la non-qualité représenteraient 27,7 milliards d'euros. Ces économies permettraient aux compagnies de doubler leur marge opérationnelle".

SITA, qui revendique 60 % de parts de marchés dans le transport d'informations autour des tarmacs (compagnies, gestionnaires d'aéroports, prestataires d'assistance aéroportuaire), a élaboré une gamme d'outils censés décongestionner les aéroports. Au menu : un robot, Kate, qui fournit les mêmes services qu'un kiosque d'enregistrement (contrôle passeport, édition de la carte d'embarquement) mais se déplace vers les passagers au lieu d'attendre que ceux-ci ne viennent se mettre en rangs dans le hall des départs. Léo, un autre robot, est capable d'enregistrer un bagage en-dehors de l'aérogare.

Plus loin, des portiques équipés de caméras assurent en moins d'une seconde la vérification de l'identité du passager en analysant sa photo à l'aide d'outils d'intelligence artificielle. "Nous avons testé ce dispositif grandeur nature, à Orlando. British Airways a été en mesure d'embarquer les 240 passagers de ses longs-courriers en moins de 10 minutes", témoigne Barbara Dalibard. Les aéroports seront-ils en mesure d'investir dans ces technologies ? "Les investissements peuvent être partagés avec les compagnies aériennes. SITA propose également ses services en pay-as-you-use, pour ceux qui ne souhaitent pas investir", dit-elle.

Dans son document d'analyse prévisionnelle "SITA Insights", le prestataire estime que les compagnies aériennes vont investir 30,6 milliards de dollars dans la modernisation de leurs outils informatiques en 2018. "Plus le processus dans un aéroport est automatisé, plus le client est content", croit savoir Barbara Dalibard. Selon SITA, les nouvelles technologies combinant la biométrie, l'intelligence et la blockchain vont effectuer leur entrée en force au check-in en 2021 : 74 % des aéroports mondiaux entendent, d'ici trois ans, mettre en place leurs automates pour le "self check-in".

Olivier Mirguet