Coronavirus – Wuhan : liens avec la France et conséquences sur l’économie

Les autorités sanitaires chinoises estiment que le coronavirus n’est pas aussi puissant que le SRAS en 2003, mais qu’il se propage plus facilement. Pour aider au confinement, Pékin a décidé de prolonger de trois jours, jusqu’au 2 février, la période fériée du Nouvel an chinois. L’activité aurait dû reprendre vendredi 31. Une situation anxiogène qui a des conséquences économiques visibles : les places boursières sont inquiètes et de nombreuses entreprises françaises et étrangères rapatrient leurs salariés présents en Chine.

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La mégapole de Wuhan, capitale de la province du Hubei est, avec ses 11 millions d’habitants,la huitième ville la plus peuplée de Chine. C’est une importante plaque tournante du transport, avec des dizaines de lignes de train, de très nombreuses routes et autoroutes et un aéroport qui dessert une soixantaine de destinations à l’international, mais c’est surtout un centre majeur de l’industrie automobile. C’est dans cette ville qu’a été fondé en 1969 Dongfeng, deuxième constructeur du pays et partenaire des japonais Nissan et Honda comme des Français PSA et Renault. Avec plus de dix usines de production de voitures et quelques 500 équipementiers, le secteur pèse plus de 52 milliards d’euros par an. La production annuelle atteint deux millions de véhicules, sortis pour la plupart des usines des constructeurs français.

PSA compte trois usines à Wuhan, avec 2 000 employés. Son concurrent Renault y a ouvert, début 2016, sa première usine en Chine et y emploie également 2 000 personnes. Les grands équipementiers mondiaux dont les trois Français Valéo, Plastic Omnium et Faurecia, y sont aussi présents. Wuhan est la ville chinoise qui reçoit le plus d’investissements français et pas uniquement dans le secteur de l’automobile. Une présence visible avec plus de 500 ressortissants français inscrits sur les listes consulaires et des liens culturels renforcés. Depuis 2000, l’Alliance française y dispense cours de langue et activités culturelles et l’Université de Wuhan, dont l’enseignement du français est très réputé, a d’importants programmes de coopération avec les universités parisiennes (depuis les années 1980), ainsi que celles de Lille ou encore de Lyon. 

Aujourd’hui, les marchés financiers, qui adorent les situations stables, se demandent si l’épidémie va avoir un impact sur l’économie mondiale et, par ricochet, sur l’économie française. Pour le moment il est bien difficile de l’estimer, tout dépendra de son niveau de propagation. Des recherches ont été menées ces dernières années pour tenter de chiffrer le coût d’une épidémie mondiale. Une étude réalisée par trois économistes américains évoque un coût global potentiel de 500 milliards de dollars, soit 0,6% du PIB de la planète pour une épidémie particulièrement grave de grippe qui provoquerait la mort de plus de 700 000 personnes. Des transports de marchandises et de personnes limités, des frais de santé en hausse, des habitants empêchés de travailler et des économies totalement paralysées. Mais on est loin de ce scénario catastrophe.

En 2002-2003, l’épidémie due au virus du SRAS (près de 900 décès) aurait coûté dans les 40 milliards de dollars à l’économie mondiale. En décidant de mettre en place un plan de lutte de grande ampleur, la Chine entend se protéger, le plus possible, des effets dévastateurs que le coronavirus pourrait avoir sur son économie.