Extension de Roissy : la crainte d’un syndrome EuropaCity

L’abandon du complexe commercial et touristique EuropaCity crée de l’incertitude autour de l’extension de Roissy-CDG… alors que la privatisation d’ADP se profile.

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Aéroport Notre-Dame-des-Landes à proximité de Nantes, concession minière de la Montagne d’Or en Guyane et, depuis, ce mercredi 7 novembre, megacomplexe EuropaCity dans le Val d’Oise… Pour différents qu’ils soient, ces projets partagent un point commun : en dépit de retombées économiques supposées énormes, ils ont été abandonnés pour des raisons environnementales.

A l’origine de cette tendance, une prise de conscience si ce n’est des décisionnaires, du moins de la population qui s’organise en associations de riverains, collectifs militants et groupes de pression en tout genre pour mobiliser, pétitionner, multiplier les recours en justice et, globalement, agir sur tous les leviers à leur disposition pour interpeler et, in fine, faire capoter ces projets jugés néfastes.

Bien sûr, une mobilisation victorieuse en entraîne dix autres, par son exemplarité et l’on peut spéculer que sans un retrait de Notre-Dame-des-Landes, les projets guyanais et val-d’oisien seraient peut-être toujours sur les rails. C’est, aujourd’hui, ce que doit se dire Groupe ADP (Aéroport de Paris), porteur du projet de terminal T4 de Roissy-CDG.

Ce chantier, dont l’aboutissement, prévu en 2037, permettra à Roissy d’accueillir 40 millions de visiteurs annuels supplémentaires (de 70 à 110 millions), et 500 vols quotidiens supplémentaires (de 1300 à 1800 passages d’avions par jour), est estimé entre 6 et 8 milliards d’euros.

Sous le titre « Non au projet d’extension de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle », un collectif d’associations paru le 14 octobre dernier dans Libération, apparaît comme une réponse à la campagne d’information (tracts, réunions publiques…) organisée pendant 3 mois, au printemps dernier, par ADP et qui ne reçut qu’un accueil très mitigé auprès des riverains : 44 % des sondés y sont favorables.

Le succès des adversaires d’EuropaCity crée une incertitude autour de cette extension de Roissy d’autant moins bienvenue que la privatisation de Groupe ADP est dans les tuyaux… Pour Vinci ou les autres repreneurs putatifs des aéroports parisiens, la mariée est attirante, certes, mais avant de dire « oui », il faut connaître le contenu de sa corbeille.