Entreprises du Voyage : « La recrudescence de la COVID-19 participe à un climat anxiogène non favorable à une reprise »

Les Entreprises Du Voyage (EDV) organisaient hier une visioconférence sur l’évolution des comportements et des attentes des entreprises client sur le marché du voyage d’Affaires. A cette occasion, Jean-Pierre Mas, Président des EDV, donnait la parole à plusieurs professionnels du secteur et à notre journaliste David Keller.

Pour le Président des EDV : « Le marché du voyage d’Affaires montre globalement des éléments positifs et souffre moins que le Loisirs. Il y a une véritable envie de retrouver du lien physique mais il est vrai que les politiques voyages des entreprises restent encore très restrictives et la recrudescence de la COVID-19 participe à un climat anxiogène non favorable à une reprise ». Selon une étude menée par Opinion Way, 2/3 des déplacements professionnels en France et près de 90% des déplacements à l’étranger continuent d’être limités par les entreprises, voire interdits. Si la majorité des entreprises ont assoupli leurs directives en matière de voyage d’Affaires par rapport au mois de juillet, la reprise est encore lointaine. « Il faut apprendre à gérer la peur irrationnelle de la COVID et s’adapter aux mesures annoncées du jour au lendemain. Nous observons également un recentrage sur le déplacement professionnel essentiel », ajoute David Keller, journaliste chez DeplacementsPros.com. En effet, à 64% les entreprises valident un déplacement qui implique la participation d’un collaborateur à un salon professionnel ou à un congrès, contre 41% pour les rendez-vous clients et seulement 34% pour les déplacements domicile-travail, sous entendant la mise en place du télétravail. En parallèle, 46% des sondés considèrent finalement les déplacements à plus de 200km comme ‘pas vraiment nécessaires’, voire inutiles. « Un chiffre qui fait peur », selon Yorick Charveriat, Directeur Commercial chez Amex GBT. Enfin, avant 2021, seul 1 voyageur sur 2 envisage de se déplacer que cela soit en France ou à l’international. La reprise en 2021 dépendra, elle, des mesures mises en place par les autorités locales et l’assouplissement des règles en entreprise, selon l’évolution de la pandémie.

Vers un déploiement national des tests antigéniques

Pour Emilie Boucard, Directrice des ventes chez Air France, il n’y aura pas de reprise avant 2021 voire au-delà même si il existe déjà des disparités selon le type de courrier. « Nous avons 4 priorités aujourd’hui : les mesures sanitaires, les réglementations d’entrée/sortie, la flexibilité et les vols directs », déclare-t-elle. « Nous avons notamment mis en place un label baptisé Air France Protect qui couvre l’ensemble du parcours client pour garantir la sécurité des voyageurs et assoupli les conditions de réservations en les rendant le plus flexible possible. De même, nous mettons aujourd’hui à disposition des informations en temps réel sur les conditions d’entrée et de sortie selon les destinations. L’information est la clé en cette période de crise », ajoute Emilie Boucard. Pour David Keller : « Les clients ont l’impression que les aéroports et les compagnies font leur job mais ces derniers ne contrôlent les délais des tests PCR, que cela soit pour les réaliser ou pour avoir les résultats et cela influe énormément sur l’activité ». Air France confirme par ailleurs la prévision d’un déploiement massif des tests antigéniques dans les aéroports pour pallier à ce problème majeur mais rappelle qu’il faudra tout de même, dans la mesure du possible, privilégier les tests PCR en ville.

La RSE au coeur des politiques voyages

Si l’étude dévoilée par Opinion Way reflète bien l’état actuel du marché du Business Travel, Pour Yorick Charveriat : « Nous voyons aussi qu’il est de plus en plus complexe de voyager. Nous tentons de rassurer les voyageurs mais cela devient compliqué et nous inquiète pour les mois, voire années à venir. Est-ce qu’une entreprise va pouvoir se passer des économies réalisées durant cette année 2020 ? Comment redonner envie aux collaborateurs de voyager, notamment pour les plus jeunes ? ». Pour lui, la question qui se pose aujourd’hui est : comment cela va-t-il se passer demain ?. « Les annonces à venir s’annoncent compliquées à gérer et il faut nous TMC garantir une véritable continuité de services et s’adapter à la réalité qui est qu’on ne voyage plus n’importe où et n’importe comment », ajoute-t-il. L’objectif : donner envie aux nouveaux générations de continuer de voyager et répondre aux nouvelles attentes notamment en matière de RSE et de développement durable : « Mais cela va demander de nombreux investissements de la part des acteurs du marché et une digitalisation massive », conclut Yorick Charveriat.