#FBT22 : « Les acheteurs ont un rôle essentiel dans la mise en place de la politique RSE »

Le secteur du voyage d’affaires, et du travel en général, a fait de la RSE l’une de ses priorités. La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer cette tendance axée vers le développement durable, le bien-être des collaborateurs ou bien la sécurité. Retour sur les interventions de Pierre Mazeau et Fabrice Bonnifet lors de l’édition 2022 du Future Of Business Travel, en partenariat avec American Express GBT, HCorpo, TripActions. 

Trente ans, cela fait environ trente ans que l’on parle de développement durable selon Pierre Mazeau, administrateur de l’Observatoire des Achats Responsables, enseignant & consultant en RSE. « Les entreprises doivent aujourd’hui participer au développement durable, minimiser leurs impacts négatifs et contribuer à atteindre les objectifs que les états se sont fixés », explique-t-il lors du Future of Business Travel. Mais la RSE n’englobe pas uniquement la responsabilité de l’entreprise au niveau sociétal et environnemental : « C’est toute la chaîne de valeur qui doit l’être : entreprises, fournisseurs, clients… Les acheteurs ont donc un rôle essentiel dans la mise en place de la politique RSE », ajoute-t-il. Pour Fabrice Bonnifet, Directeur Développement Durable & Qualité, Sécurité, Environnement Groupe Bouygues & Président du Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D), les entreprises n’en font d’ailleurs « pas assez » : « Les problèmes liés aux dérèglements du réchauffement climatique vont créer des zones inhabitables sur le long terme. Il faut dès à présent réduire nos émissions de CO2 d’au moins 6% à l’année, soit la même réduction que lors d’une année Covid où les avions ont peu ou pas volé ».

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Désormais, face à la pression de la société civile, « il ne suffit plus de faire confiance aux entreprises. On préfère qu’elles soient contraintes de fournir des rapports pour évaluer leurs actions », déclare Pierre Mazeau. Afin de « convaincre » cette société civile, les sociétés usent également de leur arme favorite : la communication. Mais l’enseignant et consultant en RSE met en garde face au greenwashing : « La réputation est un enjeux fondamental pour les entreprises ».

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Pour Fabrice Bonnifet, au niveau environnemental, les seuils d’irréversibilité vont être prochainement atteints : « La bonne nouvelle est que nous avons toutes les solutions à disposition. Si nous échouons, cela sera une question de décision, de politique et non de solution ». Une mise « au régime » obligatoire, avec plus de sobriété, tout en la faisant rimer avec le mot santé : « Cela se traduit par faire moins de kilomètres lors des déplacements, vivre dans des villes plus vertes et revoir les indicateurs de performance, à savoir l’argent ».

Dans le Business Travel, Pierre Mazeau reconnaît que le concept de RSE « est encore un peu balbutiant » : « Il va falloir que cela se traduise à travers les politiques voyages et/ou les appels d’offres ». Chez Bouygues, selon Fabrice Bonnifet, le groupe a déjà fait le choix de moins voyager avec davantage de réunions virtuelles, notamment à travers le métavers.