SNCF : les couacs de la carte Liberté

Train régional Paris Rouen

À l’instant même où la SNCF communique sur les avantages de la carte Liberté et de la flexibilité qu’elle offre, voici un retour d’expérience qui fait tâche dans le monde de Oui.

Les prestataires du marché des déplacements professionnels sont doués pour faire évoluer les prix en fonction de la demande. Cependant, l’exercice demande une coordination totale pour que le Yield ne se transforme pas en ce qui pourrait paraître comme une potentielle escroquerie !

En avance sur mon planning, je rejoins la gare Saint-Lazare et décide de prendre le train de 16h49 de ce mardi 27 août. Ça tombe bien, il est à l’heure et offre des voitures climatisées contrairement à celui de 17h49 qui est le vrai moyen de transport anti-business (pas de prises, pas de tablettes, pas de clim, un état de décrépitude avancé…). Certes, le train mis en place pour rejoindre Rouen n’est pas un TGV, mais un train régional conçu par, des personnes qui n’ont certainement jamais voyagé vue l’hérésie de la configuration. Mais pourquoi se plaindre puisque je vais pouvoir rentrer en Normandie.

Utilisateur de l’application Oui et porteur de la carte Liberté, je demande, via mon smartphone, la modification de mon billet. La recherche est rapide, l’application est toujours aussi efficiente, mais le prix affiché passe (réservation avec la carte Liberté) de 16€20 à… 32€30 (même, classe et toujours ce qui correspond au prix public non remisé) ! C’est la première fois que j’ai cette surprise avec l’application qui d’habitude fonctionne bien.

Je décide donc de faire un nouveau dossier et là, l’application ne me propose pas le train de 16h49 affiché en gare. Je me dirige donc vers un automate et là surprise (mais logique) le train est bien affiché et proposé à la vente. Je tente une réservation, on me demande ma carte de fidélité. Le trajet est proposé à 16 €20. Je procède donc à l’émission du billet.

En arrivant sur les quais, je constate que le train part de la voie 19 laquelle est située dans la zone du Transilien. Ça râle, ça court, c’est bondé, mais le train part à l’heure. Je fais connaissance avec mon voisin et nous échangeons nos points de vue sur les évolutions tarifaires et horaires de la SNCF. Comme moi, il n’accepte pas ces différences de traitement en fonction du canal de réservation choisi. Puis il me dit : « Vous n’auriez jamais du payé le billet. Vous auriez dû acheter un ticket de RER pour Clichy, passer les nouveaux portiques (zone Transilien), monter dans le train et ne rien craindre, car bondé comme il l’est, il n’y aura aucun contrôle. Moi je fais ça tous les jours et je ne me fais attraper qu’une à deux fois par mois seulement ». Le pire dans tout ça, c’est qu’il a raison !

Alors oui, quand on vit ce genre de situation, on se demande réellement si le passager, pardon, le client, n’est pas pris pour un pigeon. Même la communication ratée sur la carte Liberté a laissé à bon nombre d’entre nous un goût amer (condition de remboursement de l’ancienne carte Fréquence, flexibilité, tarification…). La SNCF devrait être un service public et non pas une machine où les bonnes volontés s’entrechoquent pour, finalement, laisser le client avec un sentiment négatif.