Travel Planet : « Nous allons retrouver notre CA d’avant crise d’ici la fin de l’année »

Alors qu’un nouvel épisode, dans le long feuilleton judiciaire qui l’oppose à Air France, vient de donner tort à Travel Planet, la TMC se dit cependant confiante quant à l’issue de la procédure et confiante dans sa capacité à surmonter la crise des voyages liée à la pandémie de Covid-19.

Mi-septembre, la Cour d’Appel de Paris a confirmé un jugement rendu par le tribunal de Commerce de Lille en faveur d’Air France. Pour mémoire, la compagnie aérienne nationale accuse le TMC française de ne pas respecter les règles IATA qui réservent au transporteur la maîtrise du prix du billet d’avion. En clair, Travel Planet est accusée de gagner de l’argent en revendant des billets d’avion pour le compte de la compagnie sans mentionner le montant de ses commissions.

Pour Betty Seroussi et Tristan Dessain Gelinet, les deux responsables de Travel Planet, il y a un défaut de logique. « Nous revendons des billets d’avion en y ajoutant un service supplémentaire par rapport à Air France. Il y a une vraie valeur ajoutée qui a un coût mais cela ne nous oblige pas, pour autant, à afficher nos marges sur chacune de nos factures. » Les dirigeants se disent confiant quant à la suite de la procédure qui est toujours en cours.

De son côté, Air France rappelle que « cette décision est la 6ème rendue à ce jour dans cette affaire, et toutes ont été rendues en faveur d’Air France. » La compagnie aérienne estime que cette nouvelle étape judiciaire « confirme sa légitimité à refuser de telles pratiques frauduleuses et le maintien d’une relation commerciale avec un partenaire indélicat. La volonté d’Air France a toujours été à cœur d’assurer la transparence des tarifs de transport auprès de ses clients et d’entretenir des relations commerciales de confiance avec l’ensemble de ses partenaires. »  

Au-delà de ce feuilleton judiciaire, nous en profitons pour faire le point avec Travel Planet sur ses activités. la TMC estime que la crise du Covid-19 va permettre à l’industrie du voyage de redéfinir son modèle. « Depuis des années, le secteur demande de nouvelles pratiques« , explique Tristan Dessain Gelinet, « il est évident qu’avec cette récession le marché va se concentrer et que beaucoup de choses vont changer.« 

A commencer par le secteur aérien. « Les compagnies aériennes fragilisées ne seront plus en mesure de fournir des offres intégrales en court, moyen et long courrier« , analyse le responsable de Travel Planet. Pour lui, « la part de l’aérien dans les déplacements va baisser pour longtemps. Le tourisme est plombé pour un moment et le voyage d’affaires est essentiel pour les TMC. »

« Mais beaucoup de TMC vont souffrir« , ajoute Tristan Dessaint Gelinet. « On estime que le business global des TMC va chuter de 30 à 40%, beaucoup ne s’en relèveront pas. Aujourd’hui, chez Travel Planet, notre réalisons 15% de notre chiffre d’affaires sur l’aérien, contre 40% avant la crise.« 

La TMC a décidé, dès le début de la crise, de se renforcer sur des offres alternatives de déplacement. « Nous avons d’abord, pendant les mois d’avril et de mai, géré tous les remboursements de nos clients pour les vols annulés. Ensuite nous avons mis en place d’autres offres, hors aérien. L’alternative ferroviaire est suffisamment importante en Europe pour permettre la poursuite des déplacements professionnels. »

Travel Planet s’est également concentrée sur une offre hôtelière renforcée. Aujourd’hui, la TMC a retrouvé son équilibre financier et est en passe de revenir, d’ici la fin de l’année, à son CA d’avant la crise. « Nous avons du nous adapter. Nous allons revenir à notre chiffre d’affaires d’avant la pandémie mais pour y arriver, nous devons traiter plus de clients avec des factures moins importantes par client. Nous compensons en augmentant le volume de dossiers traités, » indique enfin Tristan Dessaint Gelinet qui estime que l’on n’a pas fini de mesurer « le changement culturel que cette crise va imposer à l’industrie du voyage.«