Chemise arrachée Air France : le licenciement d’un délégué refusé par l’inspection du travail

L'inspection du travail a refusé de valider le licenciement du salarié d'Air France, délégué de la CGT, qui est accusé d'avoir participé aux violences lors du mouvement du 5 octobre. La compagnie française a décidé de lancer un recours auprès du ministère du Travail. Mais en attendant, elle doit réintégrer le syndicaliste.

L'affaire de la chemise arrachée d'Air France connaît un nouveau rebondissement. L'inspection du travail n'a pas validé le licenciement pour faute lourde du salarié d'Air France Industries, également délégué du personnel (CGT), accusé de violence sur deux vigiles et le DRH, Xavier Broseta.

Pour justifier la faute lourde, la direction de la compagnie avait mis en avant trois arguments : l'agression physique du DRH, celle des deux agents et le "retentissement médiatique extrêmement important, affectant l'image et la réputation d'Air France en France et à l'étranger".

L'inspectrice du travail estime que les "faits invoqués pris dans leur ensemble ne permettent pas d'établir l'existence d'une faute lourde commise par le salarié, caractérisant son intention de nuire" à l'entreprise. La compagnie doit donc lever la sanction disciplinaire prise à l'encontre de cet employé au statut protégé et le réintégrer.

Le porte-parole d'Air France a indiqué à l'AFP que le transporteur "va former sans délai un recours hiérarchique auprès du ministère du Travail". La ministre du Travail, Myriam El Khomri, aura alors 4 mois pour donner sa réponse. Si elle choisit d'annuler la décision de l'inspection du travail, elle validera le licenciement.

La CGT porte plainte
L'inspection du travail a néanmoins mis en lumière une autre violation survenue lors des débordements du 5 octobre. Le code de sécurité intérieure ne permettait pas l'intervention d'agents extérieurs. En effet, il stipule que "l'intervention des entreprises de sécurité privée dans les conflits au travail" est interdite. L'organisme estime donc qu'en faisant appel à des vigiles extérieurs, "l'employeur a contribué à instaurer un climat de défiance propice à la confrontation".

La CGT a donc décidé de porter plainte contre la compagnie pour ce motif. Elle souhaite également que les quatre autres employés déjà licenciés "soient de fait réintégrés" car l'inspection du travail a estimé qu'ils avaient été pris pour l'exemple.