Business Travel Show : vers un voyage d’affaires plus intelligent car plus durable…

Comment le secteur du voyage d’affaires peut-il réduire sensiblement et durablement son bilan carbone ? Éléments de réponse.

La semaine dernière, dans le cadre du plus important salon européen du voyage d’affaires, le Business Travel Show, organisé cette année en virtuel, l’une des tables rondes était consacrée à la durabilité. On sait que la réduction des déplacements, depuis le début de la crise sanitaire, a un impact positif sur l’environnement. La question aujourd’hui est celle des mesures à prendre ou à pérenniser pour s’inscrire dans une amélioration durable des bilans carbone des entreprises.

Toby Withnell, le directeur du département Global Travel Services à la Barclays, a d’abord rappelé que la pandémie accélérait la conversion vers une offre plus durable, et noté que les voyageurs d’affaires étaient aujourd’hui davantage concernés par ces questions, notamment les plus jeunes. Les programmes des prestataires – compagnies aériennes, hôteliers, loueurs de voitures… – doivent donc tout naturellement être adaptés pour tenir compte des nouvelles exigences des collaborateurs.

Gehan Colliander, la responsable des voyages au Boston Consulting Group (BCG), a rappelé que l’entreprise, en matière de voyage et d’empreinte carbone, doit aider les collaborateurs à prendre les bonnes décisions. «Nous ne sommes pas des experts des questions de durabilité. Nous n’avons pas d’approches formalisées. Mais nous devons fournir des recommandations et nous assurer qu’elles sont suivies».

Les recommandations fournies doivent bien sûr tenir compte de la nature de la fonction, du poids décisionnel, de la zone géographique d’activité du collaborateur… Il s’agit dans le même temps de mesurer le coût d’une offre de transport et d’hébergement plus durable, d’en identifier l’impact et les obstacles, d’en dégager des chiffres consolidés. Les TMC doivent accompagner les entreprises dans la création de programmes de voyages plus écologiques, en les aidant à choisir des fournisseurs plus vertueux, en intégrant la consommation de carbone dans le choix d’un mode de déplacement plutôt qu’un autre, et notamment du train au détriment de l’avion.

Mark Corbett, le fondateur de Thrust Carbon, une start-up londonienne qui conseille 45 entreprises sur les questions de durabilité, a rappelé la pertinence de son « calculateur » permettant de mesurer l’impact de son activité, et insisté sur la nécessité de fixer des standards et de recueillir des données.

Pour Toby Withnell, il est nécessaire de standardiser les données, et pas seulement celles des compagnies aériennes mais aussi des hôtels, des loueurs de voitures… Les entreprises doivent ainsi pouvoir disposer d’un ensemble d’informations sur les déplacements et non-déplacements induits notamment par l’usage de nouveaux outils de réunions virtuelles. De quoi contribuer à déterminer, avec un maximum de pertinence, ce qui s’inscrit ou non dans la catégorie « voyage essentiel ».