Vers des tests PCR obligatoires pour voyager dans l’Espace Schengen

Plusieurs sujets liés aux déplacements intra et extra-européens seront abordés dans le cadre du Conseil Européen ce jeudi. Objectifs : essayer notamment d’harmoniser les conditions d’entrées sur leurs territoires, et s’accorder sur les conditions de passages pour les transfrontaliers.

Le Conseil européen, organisé ce jeudi à Bruxelles, devrait apporter des réponses en matière de contrôle des déplacements à l’intérieur même de l’Europe. Un cadre de coordination reste en effet à définir pour les voyages intra-européens. La question du passeport sanitaire sera présent dans tous les esprits. Dans le cadre du conseil exécutif de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), ce mardi 19 janvier, le secrétaire d’État au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, a estimé que le vaccin n’était « pas forcément le sésame en matière de déplacements internationaux« , a fortiori au niveau européen.

D’autres membres du gouvernement considèrent cette option « prématurée » au regard notamment des interrogations persistantes sur la contagiosité même après avoir été vacciné, et bien sûr compte tenu du nombre de personnes aujourd’hui vaccinées, encore très faible. Probable donc que le passeport sanitaire ne soit pas au menu du Conseil européen, même si le niveau européen est probablement le bon pour fixer les règles en la matière. Charles Michel, chef du Conseil européen, a d’ailleurs indiqué qu’il ne l’excluait pas à plus ou moins brève échéance, précisant à la chaine hollandaise NPO que « ce n’est pas parce qu’un débat est compliqué ou sensible qu’il faut l’éviter ».
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Jean-Baptiste Lemoyne s’est dit en revanche favorable à l’obligation d’un test PCR pour les voyages, y compris dans l’espace Schengen (*)
. La France est, il est vrai, très pressée de voir des décisions prises au niveau européen, étant parfois pris à partie pour son « laxisme ». La plupart de nos voisins européens ont en effet pris des mesures plus sévères pour les arrivées en provenance d’un autre pays européen, imposant des tests à l’entrée sur leur territoire, tels l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, les Pays Bas, le Portugal ou la Grèce. Se pose la question des transfrontaliers et des 350 000 Français traversant chaque jour les frontières par voie terrestre pour aller travailler.

Les critiques à l’égard du gouvernement, en France, visent aussi les personnes en provenance d’un pays extra-européen effectuant une correspondance dans un autre pays européen pour se rendre sur notre territoire, et auxquelles on ne demande pas aujourd’hui la présentation d’un test.

Lors du Conseil européen devrait être également abordé la question des tests antigéniques pour les vols intra-européens, proposés aujourd’hui dans certains aéroports, en plus des tests PCR. La France se montre plus volontariste sur ce point que la plupart de ses voisins. Ces tests antigéniques sont certes moins performants (au moins 80% de fiabilité tout de même) que les tests PCR. Mais ils permettent d’obtenir les résultats sur place en 10 à 30 minutes. Ils peuvent être une bonne solution pour ceux qui arrivent d’un pays extra-européen où la fiabilité des tests (et des documents) laisse parfois à la désirer. Aujourd’hui, ils s’inscrivent plutôt dans le cadre d’accords bilatéraux. Moins d’un pays sur dix dans le monde valide en effet le test antigénique négatif pour l’entrée sur son territoire. Nul doute que son autorisation au niveau européen aiderait à la reprise du tourisme et du transport aérien.

(*) 22 pays membres de l’UE (n’en font pas partie la Bulgarie, Chypre, la Croatie, l’Irlande et la Roumanie) ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.