Corsair : le plan de sauvetage prend forme

Un consortium d’investisseurs est mené par Eric Kourry, le patron d’Air Antilles, et Patrick Vial-Collet, le président « des Hôtels et des Îles ».

Des membres du consortium d’investisseurs prêt à reprendre 100% de Corsair ont présenté ce jeudi leur projet aux représentants du personnel, selon La Tribune. Ce consortium menés par Eric Kourry, fondateur d’Air Caraïbes et patron d’Air Antilles et Air Guyane, ainsi que Patrick Vial-Collet, notamment président des hôtels « Des Hôtels et des Îles » et de la CCI de la Guadeloupe, auxquels seraient associés des collectivités territoriales. Ce consortium à majorité privé rassemble surtout des acteurs des DOM, soulignant la volonté des nouveaux investisseurs de recentrer l’activité de Corsair sur l’Outre-mer. Le média économique précise que ces investisseurs sont prêts à investir « plusieurs dizaines de millions d’euros », un protocole d’accord devant encore être signé avec l’État et les actionnaires actuels. L’opération pourrait être finalisée d’ici la fin de l’année.

Corsair avait un impérieux besoin de changement d’actionnariat pour assurer sa survie. L’État avait en effet conditionné une aide à la compagnie aérienne, il y a quelques mois, à l’obligation pour les actionnaires actuels de faire leur «part du chemin». Or, il était criant qu’Intro Aviation (53% du capital) n’avait pas la surface financière pour recapitaliser le transporteur. Pour rappel, ce groupe d’aviation privé allemand a racheté l’an dernier Corsair au géant allemand du tourisme TUI (depuis cette opération actionnaire à hauteur de 27% et qui se désengagerait totalement à l’issue de l’arrivée du nouveau consortium). Reste une inconnue concernant la participation des 20% des collaborateurs de la compagnie.

Pour l’État, la constitution de ce consortium est une excellente nouvelle. Convaincu que Corsair joue un rôle vital pour l’Outre-Mer, il apporterait sa contribution sous forme de prêts pouvant s’élever à 100 millions d’euros.

La concurrence joue pleinement son rôle quand il y a au moins trois acteurs sur un axe. Aux côtés d’Air France, on rappellera que Groupe Dubreuil Aero, le pôle aérien du groupe vendéen, comprenant Air Caraïbes Atlantique (long-courrier), Air Caraïbes régional (arc antillais) et French bee (low-cost long-courrier), a probablement sécurisé son avenir avec la participation de 30% dans son capital de l’armateur CMA CGM.