Covid-19 – Les contrôleurs aériens continuent de percevoir une « prime de suractivité »

Alors que l’ensemble du secteur aérien et que la grande majorité des entreprises liées au voyage peinent à survivre dans le contexte Covid-19, les contrôleurs aériens français ont continué de percevoir une « prime de suractivité » comprise entre 255 et 550 euros par mois.

Bonjour la solidarité ! Dans le règne du « moi d’abord« , les contrôleurs aériens français continuent de tirer leur épingle du jeu en percevant une prime liée à la flexibilité des horaires de travail alors que le trafic aérien s’est effondré.

Depuis quatre ans, date à laquelle l’expérimentation a débuté, « il était demandé aux contrôleurs aériens de certains centres de travailler davantage pendant les périodes de trafic important, principalement l’été, et de récupérer ces heures en période creuse, l’hiver« , a confié une source au fait du dossier à nos confrères du Parisien

En contrepartie d’une vingtaine d’heures de travail en plus, les aiguilleurs d’aéroports tels que Roissy, Reims, Bordeaux, Brest, Aix-en-Provence et Lyon pouvaient percevoir une prime oscillant entre 255 euros et 550 euros par mois.

Fin juin, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a prolongé le protocole social signé en 2016 introduisant cette gratification. 

« Cette prime n’a pas lieu d’être. Nous sommes plusieurs à avoir des états d’âme. C’est de l’argent facilement gagné. Le trafic aérien s’est effondré. Et même s’il reprend progressivement depuis le déconfinement, il reste très bas, à moins de 20 %« , s’indigne un contrôleur aérien dans les colonnes du Parisien.

L’indignation est réelle, au-delà même des contrôleurs aériens. Les textes le permettent certainement, car c’est sur ce point que se basent les syndicats, mais d’un point de vue moral ou solidaire, cette volonté de conserver des avantages liés à des conditions de travail particulières a vraiment du mal à passer. 

D’autant plus que la DGAC, qui verse ces primes, tire une grande partie de ses ressources des compagnies aériennes, qui elles aussi sont dévastées par la crise. Mais la direction a décidé de maintenir cette prime, car elle ne souhaite pas déclencher de conflits avec les syndicats de contrôleurs.

Alors que toutes les entreprises du secteur ont un genou à terre, sans oublier celles qui sont en faillite ou qui le seront prochainement, vous serez certainement ravi d’apprendre que les contrôleurs aériens ont continué de se faire « un pognon de dingue » comme dirait Emmanuel Macron. On est encore loin du « nouveau monde » qui devait naître de cette crise.