La filière événementielle vers une sortie de crise à multiples inconnues…

Quid du rythme et des conditions de la reprise du MICE ? Qu’en est-il des jauges, de la territorialité, du passeport sanitaire, des aides de l’Etat ? L’Unimev, dans le cadre d’un événement organisé par Meet&Com, est revenu en détail, ce mardi, sur les différentes initiatives prises ou encore à prendre pour soutenir la relance de la filière.

Pierre-Louis Roucariès a lancé la journée digitale LIVE Meetings ce mardi 4 mai. Le président délégué de l’Unimev (Union française des métiers de l’événement) est revenu à cette occasion sur les « préalables » à la reprise de l’activité du segment MICE. Et d’insister d’abord sur l’impératif de visibilité : « Les services de l’État ont bien compris qu’on ne pouvait pas reprendre comme ça, qu’il fallait des délais et des calendriers précis« . De ce fait, certains petits événements pourront se tenir en juin, mais les plus gros regardent plutôt vers l’automne compte tenu des mois de préparation pour les organiser.

Quid des règles aujourd’hui pour rouvrir les lieux événementiels, pour en autoriser l’accès ? « L’État a donné quelques éléments mais il reste des interrogations (..). Nous avons des réunions avec ses différents services plusieurs fois par semaine« , a poursuivi Pierre-Louis Roucariès. Les protocoles sanitaires n’ont cessé d’être amélioré et ont largement faits leurs preuves en septembre et octobre dernier.

Les discussions engagées sur le pass sanitaire progressent et devraient aboutir à des règles claires probablement d’ici la fin de la semaine prochaine. Les questions en suspens n’en restent pas moins nombreuses. Ce « passeport » doit-il par exemple concerner tous les événements ou uniquement les foires et salons ? Faudra-t-il avoir fait les deux injections pour entrer sur l’événement, ou la première suffira-t-elle ? Les tests antigéniques seront-ils également acceptés ? Quid des plus jeunes dont la vaccination n’est pas prévue avant l’été ?

La question des jauges suscite également de nombreuses interrogations. Et d’abord sur le nombre. Le cabinet de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au Tourisme, a annoncé il y a quelques jours que la tenue de congrès sans exposition et réunions d’entreprises pourrait se faire le 19 mai à 35% de jauge dans les ERP de type L, avec une limite maximale de 800 personnes en intérieur et 1 000 personnes en extérieur. Les salons et expositions de type T seraient de nouveau autorisés à partir du 9 juin. Les limites de jauge pourraient être élargies, voire supprimées, le 30 juin, en tenant compte des situations locales si elles sont encore très disparates. Quid par ailleurs du mode de calcul ? Doit-il, par exemple, être le même pour les événements grand public et professionnels ?

30% de l’activité événementielle du second semestre 2021 déjà perdue

« Nous demandons la confirmation que le calcul se fera bien hors exposants, personnel organisateur et personnel prestataires« , a en outre rappelé Raphaëlle Neveux, directrice des relations institutionnelles à l’Unimev.

Après 15 mois d’arrêt, la reprise sera très progressive. Et la concurrence étrangère promet d’être intense. Ainsi, l’industrie du MICE de pays comme l’Allemagne et l’Italie bénéficient déjà de plans de soutiens massifs de leurs États, avec l’accord de Bruxelles.

En France aussi, l’État est mobilisé pour soutenir un secteur ayant subi des mois de pertes de chiffres d’affaires abyssales, et dont les espoirs de reprise restent encore fragiles. Sur le second semestre 2021, 30% de l’activité événementielle en France serait déjà perdue à ce jour, en raison des incertitudes qui pèsent encore sur la gestion de la crise. Pierre-Louis Roucariès a rappelé que l’État, dans cette période transitoire, se devait d’accompagner les professionnels de la filière. Sur ce point, une réunion est prévue ce lundi 10 mai avec le premier ministre Jean Castex.

Des discussions avec l’État sur les modalités des aides sont toujours en cours. « Le Fonds de solidarité a montré son efficacité dans la plupart des cas (…). Nous avons fait des contre-propositions ces jours-ci pour son extension jusqu’à la fin de l’année, d’autant que l’activité de notre secteur traditionnellement en été est faible, voire nulle« . Le chômage partiel devrait par ailleurs perdurer encore quelques mois, sans reste à charge, et permettre de faire revenir les salariés en fonction des besoins.

L’Unimev demande également l’allongement du PGE, le maintien des exonérations de charges patronales, un soutien aux grandes PME et ETI de la filière pas ou peu aidées, la suppression du plafond de 1,8 million d’euros d’aides, ainsi qu’un crédit d’impôts sur les dépenses événementielles dès la réouverture et pendant un an.

D’ores et déjà, l’association peut se féliciter d’une prochaine campagne promotionnelle du tourisme d’affaires en France et dans ses régions, une première pour l’organisme Atout France dédié à la promotion du pays à l’étranger.