Les pilotes français dénoncent le dumping social chez Buzz (Ryanair)

Le SNPL France ALPA demande au gouvernement de porter la voix des pilotes au niveau européen afin que soit interdite la pratique de l’embauche de pilotes sous un statut de “contractor” au travers d’une agence de placement.

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Ryanair a fait les choux gras de la presse récemment, avec son ultimatum lancé à ses salariés de baisser leurs salaires pour sauver l’entreprise. Le SNPL (Syndicat des Pilotes de Ligne) France ALPA pensait qu’on avait là touché le fond. « Depuis, une autre compagnie réussit à faire mieux dans l’inadmissible, constate le syndicat. Il s’agit de Buzz, une des compagnies du groupe Ryanair. Ses pilotes sont tous sous un statut de “contractor” au travers d’une agence de placement « Warsaw aviation », pratique des faux-indépendants considérée au niveau européen comme étant déjà plus que discutable.

Les pilotes travaillant sous ce statut disposent tout de même d’un revenu minimum forfaitaire calculé à partir d’une grille de rémunération horaire fondée sur l’expérience du pilote. Comme la plus grande partie des travailleurs de l’ensemble du réseau Ryanair, dès le début de la crise de la COVID, les pilotes travaillant pour Warsaw aviation se sont vus imposer, au travers d’un chantage à l’emploi, une baisse de leur rémunération minimum garantie, comprise entre 10 et 20%.

Mais ne se limitant pas à cette baisse de leurs revenus, et bien entendu sans aucune concertation préalable, la société Warsaw aviation a également décidé de revoir, de manière unilatérale et non écrite, les critères d’expériences de la grille “tarifaire”, occasionnant ainsi une baisse de rémunération supplémentaire, et ce, avec effet rétroactif sur plusieurs mois !

Les pilotes de cette compagnie se retrouvent donc dans une situation ubuesque : ils doivent rembourser des sommes à Warsaw aviation  au titre des mois précédents, en plus des baisses multiples de leurs rémunérations.

Une nouvelle fois, nous sommes abasourdis par les méthodes utilisées et imposées aux pilotes, qui ne servent malheureusement qu’à alimenter une guerre des prix totalement irréaliste et insoutenable pour l’ensemble du secteur. 

Alors que la solidarité et la responsabilité de tous sont nécessaires pour traverser cette crise sans précédent, certaines compagnies ne perdent pas une occasion de s’en servir comme prétexte pour imposer toujours plus de “casse sociale”, en s’attaquant encore et toujours aux conditions de travail des navigants.

Ces pratiques de dumping social ne devraient être acceptées par aucun Etat européen.  Une réponse coordonnée à l’échelle européenne est indispensable pour les faire cesser ! «