L’État prêt à aider Corsair… à certaines conditions

Bercy demande aux actionnaires de la compagnie de «faire leur part du chemin»

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L’État français est prêt à aider Corsair, mais demande aux actionnaires de la compagnie aérienne de prendre leurs «responsabilités», a indiqué ce matin le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, lors d’une séance de questions-réponses avec les internautes sur LinkedIn

Le gouvernement conditionne ainsi son aide, et demande aux actionnaires de la compagnie de remettre au pot, ce qu’ils n’ont pas souhaité faire jusqu’à présent. Corsair est aujourd’hui détenue par le groupe d’aviation privé allemand INTRO Aviation (53%), par le géant allemand du tourisme TUI (27%) et par une holding de salariés du groupe (20%).

La seconde compagnie aérienne française ne peut aujourd’hui obtenir un Prêt Garanti de l’État (PGE), faute d’avoir un niveau de fonds propres supérieur à la moitié de son capital social. Le transporteur juge les critères pour en bénéficier « trop restrictifs » et attend un assouplissement de la part du gouvernement. Le PDG de Corsair, Pascal de Izaguirre, a indiqué n’être pas opposé au principe d’une participation de l’État dans le capital de l’entreprise.

Corsair est basée à Rungis, à deux pas d’Orly où elle opère à Paris, un aéroport qui pourrait être fermé jusqu’à l’automne et l’obliger à déployer d’ici là son activité à Roissy CDG, une difficulté supplémentaire. La compagnie emploie 1 200 salariés très inquiets pour leur avenir. Ceux-ci ont fait circuler la semaine dernière une pétition ayant relayé un véritable appel à l’aide de Pascal de Izaguirre.  Pour ce dernier, l’État ne doit pas seulement aider Air France mais aussi les autres compagnies aériennes françaises, et « éviter une distorsion de concurrence évidente« .