Level, Norwegian… le trou d’air du low-cost long-courrier

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Les low-costs européennes positionnées sur le court-moyen courrier résistent mieux à la crise que les compagnies traditionnelles.

En Europe, les compagnies aériennes low-cost s’en sortent plutôt mieux que les «legacies». Et au sein même des compagnies traditionnelles telles Air France et Lufthansa, les filiales à bas coûts Transavia et Eurowings sont les grandes gagnantes des récentes réorganisations de leurs réseaux domestiques. Ryanair, easyJet, Wizz Air et autres Volotea profitent bien sûr du fait qu’elles opèrent du court et moyen-courrier, et font surtout voler des passagers loisirs.

Les compagnies classiques, en revanche, génèrent leurs marges sur le long-courrier et les classes avant. Elles sont gravement pénalisées aujourd’hui par les fermetures de frontières extra-européennes, et bien sûr par l’atonie du segment du voyage d’affaires. On pourrait enfin ajouter que les low-costs font preuve de plus de souplesse pour adapter leurs coûts fixes, et disposent de davantage de liquidités pour tenir le coup pendant cette période de vaches maigres.

Certaines low-costs connaissent toutefois de sérieux déboires, celles qui opèrent notamment sur le long-courrier. Membre du groupe IAG, Level voit aujourd’hui son avenir s’inscrire en pointillé à Barcelone ; le sort de Level France (Openskies) serait lui malheureusement déjà tranché, avec la récente confirmation du projet de cessation d’activité. « La consultation du comité économique et social ainsi que les négociations avec les syndicats sur un plan de sauvegarde de l’emploi sont toujours en cours« , indique Level France.

Aujourd’hui, deux des trois A330-200 (dont l’un appartient à la société de leasing CALC) auparavant basés à Orly « sont désormais en stockage à Nîmes afin de réduire les coûts« , ajoute la compagnie aérienne.

Norwegian s’est pour sa part vu refuser un prêt garanti par l’État suédois, au motif que la compagnie était déjà en difficulté avant l’épidémie de Covid-19. La low-cost scandinave, très endettée avant la crise sanitaire, avait obtenu il y a quelques semaines une garantie de l’État norvégien sur des prêts d’environ 280 millions d’euros, somme qui pourrait vite s’avérer insuffisante pour assurer la survie de la compagnie.

En Asie, la low-cost long-courrier malaisienne AirAsia X – et ses filiales thaï et indonésienne – a fermé «temporairement» ses réservations jusqu’en octobre 2021. Scoot, filiale de Singapore Airlines, a repris en revanche un certain nombre de ses vols dans la région. Même constat pour Jetstar Asia également basée à Singapour.

En France, on notera l’optimisme affiché par French bee. La filiale low-cost long-courrier du groupe Dubreuil a réceptionné la semaine dernière son quatrième Airbus A350-900. Celui-ci a relié vendredi Paris-Orly à l’île de la Réunion. Après deux reports, la compagnie sœur d’Air Caraïbes envisagerait désormais d’inaugurer ce début de mois de septembre sa nouvelle liaison entre Paris-Orly et New York Newark.