Masques dans les avions : facultatifs pour les passagers vaccinés dès cet automne ?

Le port du masque génère de nombreux incidents à bord des avions. Il est pourtant obligatoire, quel que soit le statut vaccinal du passager. Mais cela pourrait bientôt changer…

L’immense majorité des compagnies aériennes exigent de porter un masque à bord de leurs avions, et ce depuis pratiquement le début de la pandémie. Ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes. Ainsi, le refus de le porter serait la première cause de l’incivilité des passagers. Il constituerait même « 60% des incidents » sur les vols d’Air France, comme l’indique Le Parisien dans un reportage publié ce jeudi 22 juillet. Et le quotidien de relever les propos des hôtesses de l’air et stewards volant sur des compagnies françaises, se plaignant d’avoir à leur « rabâcher (cette obligation) pendant tout le vol ». En ligne de mire : ceux qui prennent un temps infini pour manger, mais aussi ceux qui refusent purement et simplement de le porter. Et se montrent parfois agressifs… Éric Faliu, délégué du SNPC, constate dans le même article des différences en fonction de la durée du vol : «Pendant trois heures, ça se passe généralement bien. C’est beaucoup plus difficile quand ça dure dix, onze ou douze heures».

Aux Etats-Unis, le problème semble plus sérieux encore qu’en France, au regard peut-être des distances parcourues en avion outre-Atlantique. Ainsi, les trois quarts des problèmes d’incivilités rencontrés à bord des avions des compagnies US seraient liées au port du masque, selon la FAA. Et l’on sait qu’on ne rigole pas avec le non-respect de la réglementation, dans ce pays où se sont multipliées les arrestations et condamnations à des amendes ces derniers mois. Une compagnie comme Delta a même établi une liste noire, aujourd’hui déjà conséquente, des personnes refusant de se plier à la règle et interdites d’embarquer sur ses vols.

Comme en Europe, sauf rares exceptions, les masques sont en effet obligatoires dans tous les transports en commun aux Etats-Unis, quel que soit le statut vaccinal d’une personne. Le président Biden l’a rendu obligatoire dans les avions, trains, bus et tramways peu après son entrée en fonction. Cette obligation est effective jusqu’au 13 septembre. Mais les transporteurs aériens ne semblent plus très enclins à demander une nouvelle prolongation de la mesure, fatigués de demander à leur PNC de devoir faire la police des masques. C’est en substance ce qu’a indiqué ce jeudi le PDG de Southwest Airlines et président d’Airlines for America, une association professionnelle représentant les principales compagnies aériennes américaines.

Gary Kelly soutient en effet les recommandations actuelles des « Centres de contrôle et de prévention des maladies » américains, lesquels stipulent que les personnes vaccinées n’ont pas besoin de porter un masque à l’intérieur ou à l’extérieur, à la différence des personnes non vaccinées, comme le rappelle le magazine Frequent Business Traveller. Les passagers, eux, d’après une récente étude IATA réalisée auprès de 4700 voyageurs, sont très majoritairement favorables au port du masque obligatoire à bord, et à son application stricte (86% d’entre eux exactement), mais sont tout aussi nombreux à indiquer qu’ils souhaitent que la mesure prenne fin « dès que les conditions le permettront« .

Qu’en est-il en effet de la nécessité de porter un masque à bord d’un avion alors que tous les passagers ont présenté un pass sanitaire avant d’embarquer ? Quid par exemple du cas où une personne vaccinée mais porteuse du virus – ce qui peut en effet arriver même si l’on sait qu’elle est beaucoup moins contagieuse du fait de sa vaccination – ne porte pas le masque et contamine une personne assise près d’elle ayant embarqué sur présentation d’un test négatif ? Et pourquoi demander au passager dont on sait qu’il n’est pas porteur du virus – celui qui vient de faire un test – de porter le masque, et pas à celui qui est vacciné mais peut le transmettre ? Va-t-on finir par réserver les avions de ligne aux seules personnes vaccinées, ce qui permettrait de ne plus avoir à se poser ce genre de questions ? Cela nous promet, peut-être dans un avenir assez proche, quelques beaux échanges d’ordres juridique et éthique. Quand la liberté le dispute à la responsabilité….