Orly-Montpellier, la ligne de la discorde

Air France supprime en novembre sa navette entre Orly et Montpellier au profit d’une offre réduite opérée par Transavia. Mais des chercheurs demandent la suppression pure et simple de la ligne pour cause de réchauffement climatique. Ce qui fait bondir des acteurs économiques locaux…

Air France, afin de répondre à la demande de l’État de supprimer ses vols lorsqu’il existe une alternative en moins de 2h30 en train, avait annoncé l’an dernier la suppression de ses dessertes entre Orly et Nantes, Bordeaux et Rennes. La compagnie nationale avait également décidé de transférer ses lignes entre Orly et Toulon, Brest, Biarritz et Montpellier à sa filiale low-cost Transavia. Laquelle, de son côté, avait annoncé officiellement son lancement sur des vols domestiques, depuis ses bases d’Orly, Nantes et Montpellier, se substituant pour partie à ceux d’une autre filiale d’Air France, régionale celle-là, HOP !

Cette restructuration du réseau domestique se traduit donc par la suppression d’une des quatre lignes de la Navette, celle entre Orly et Montpellier (AF relie aussi l’aéroport du sud de Paris à Toulouse, Nice et Marseille). Ainsi, le 8 novembre prochain, cette navette (jusqu’à dix vols par jour) sera remplacée par des dessertes assurées par Transavia France (jusqu’à quatre vols par jour). Laquelle assure déjà des liaisons entre Montpellier et Brest, Nantes et Rennes. Mais le maintien de la ligne aérienne entre Orly et Montpellier a fait réagir dans l’Hérault. Une centaine de chercheurs, sous la houlette de Greenpeace et d’Alternatiba, avaient d’ailleurs manifesté leur intention, dans une tribune publiée par Le Midi Libre en avril dernier, de boycotter l’avion pour leurs allers-retours Montpellier-Paris, et de privilégier le train…

Des décideurs locaux ont réagi à cette annonce de boycott en soulignant l’importance de la plateforme pour l’économie locale. D’autres rappellent que le trajet Paris Montpellier dure plus de 2h30 en train… Un article du Figaro publié ce lundi revient par ailleurs sur l’impact, pour les voyageurs d’affaires, du remplacement d’Air France par Transavia sur cette ligne. «Finies les files rapides, fini l’enregistrement prioritaire, fini le salon… » constate le quotidien qui note que la low-cost «se consacrera donc exclusivement au trafic loisirs, délaissant une clientèle affaires pourtant la plus rémunératrice, au profit du TGV, qui, lui, peut aligner jusqu’à dix fréquences quotidiennes». Mais on constate aussi que certaines compagnies à bas coûts telle easyJet comptent aujourd’hui plus d’un tiers de voyageurs d’affaires sur certains lignes…

Précisons qu’Air France va continuer à assurer la liaison entre Montpellier et Paris-CDG, à raison de quatre ou cinq vols quotidiens. La compagnie va ainsi pouvoir conserver la clientèle de cette desserte majoritairement en correspondance à Roissy avec des vols moyens et long-courriers.