Travel & Tech (5/5) : Technologie vs. marché

Il est difficile de suivre le rythme des changements technologiques, d’autant plus qu’ils s’accélèrent. Cela impacte toutes les stratégies achats visant les produits et les services technologiques

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Il n’y a pas une semaine sans que l’on ne parle de technologie qui, sur le marché des déplacements professionnels, est axée sur trois facteurs :

  1. Le système de distribution actuel, majoritairement basé sur le fonctionnement des GDS
  2. L’informatique dite « nuagique » (le Cloud) basée sur des serveurs et des calculateurs interconnectés par internet
  3. Les microservices, constitués de modules techniques spécifiques qui s’intègrent dans un écosystème

Dans l’utilisation de la technologie, notre marché est réactif et non proactif. Les notions de base sont comprises, mais les décideurs (achats et ventes) ont du mal à se projeter dans le futur proche. Pourtant, il est important de suivre l’évolution technologique au plus près afin de bénéficier des effets de l’innovation et de ne jamais rater une opportunité. Être en avance de phase sur le marché permet au prestataire de protéger ses marges. Pour l’acheteur, c’est la garantie de bénéficier d’un avantage concurrentiel générateur d’économies directes ou indirectes.

Concrètement, la chaîne de distribution utilisée depuis les années 80 a vécu et doit laisser place à un nouveau modèle de distribution intégrant les nouvelles normes de communication (NDC, API). Cela ne veut pas dire que les circuits de distribution sont morts, bien au contraire. La technologie ne remplace pas le service que peut apporter l’humain. Elle peut cependant le délester des tâches récurrentes à faible valeur ajoutée pour lui permettre de se concentrer sur le client et de s’engager sur le résultat de son service.

Côté réseau et stockage, le Cloud permet aux entreprises de sélectionner et de connecter une technologie (construite en interne ou par d’autres) et de la mettre en œuvre dans la construction de leur propre solution technologique. Nous sommes là dans une véritable architecture modulaire comportant des briques de solution aussi appelées microservices et des interfaces. Ces briques peuvent être basées sur le stockage, les données, l’analyse, le mobile, les outils de développement…

Les TMC, les acheteurs de voyages et les travel managers voient donc les nouvelles fonctions mises en œuvre plus rapidement grâce à des plateformes permettant d’agréger davantage de microservices et de logiciels externes. C’est l’avantage principal des solutions dites en mode SaaS (software as a service).

Vous l’aurez compris, deux acteurs vont devenir la clé de voute de tout le système. Celui qui à la capacité de stocker un nombre hallucinant de données et celui qui est capable de développer plus vite que son ombre les interfaces dans un environnement cloud. 

L’avenir n’est plus aux outils et moyens fractionnés (des modules) que l’on achetait avec l’espoir d’une obligation de moyen, mais il est ouvert aux outils, aux multiples modules interfacés et permettant une capture totale du client qui doit bénéficier d’une expérience résolument positive. On appelle cela le concept de « One Stop Shop » (comprendre magasin unique). L’agrégateur enrichi de valeur ajoutée avec obligation de résultat est donc la vision que tous les acteurs cherchent à obtenir. De fait, de nouveaux acteurs venant du monde de l’informatique, s’intègrent parfaitement dans la chaine de distribution du marché des déplacements d’affaires, car ils maitrisent les flux d’échange (XML/api) et sont capables de créer des interfaces entre des systèmes qui ne parlent pas le même langage.

Attention toutefois car pour les secteurs à multiples sources (le MICE par exemple); le concept One Stop Shop a ses limites et elles sont relativement basses (les corps de métier sont trop différents entre les différents intervenants).

Naturellement, nous allons vers le parcours le plus fluide possible, donc dans un environnement neutralisé et adapté à l’outil d’agrégation, qui permet de garder le client en répondant à la totalité de ses attentes. Et l’intelligence artificielle dans tout ça ? Eh bien nos amis britanniques considèrent que, comme le NDC, il s’agit d’une problématique de service qui ne concerne que les agrégateurs et les développeurs lesquels devront mettre à la disposition du marché, des outils performants, pertinents et facilitant la vie de tous les acteurs des déplacements professionnels.