Comment on travaillera demain

Comment on travaillera demain

La solution de réservation d'espaces de coworking, de séminaires et d'événementiel Bird Office constitue un bel observatoire de ce que pourrait être notre façon de travailler dans un futur très proche. A partir d'un point sur son activité d'aujourd'hui (juste avant le reconfinement), on trace des perspectives pour demain.

Oui, bien sûr, comme tout le monde dans cette période particulière, Bird Office souffre. Son activité s'est réduite de 50 %, elle recourt à l'activité partielle et se bat pour conserver l'ensemble de ses équipes.

Mais la plateforme de réservation de salles de séminaires, espaces de coworking, lieux atypiques et autres centres des congrès en profite pour réadapter son offre à la situation actuelle. En parler avec son président et fondateur Arnaud Katz, c'est s'offrir un panorama assez large des grandes tendances de l'organisation du travail de demain... 

"Notre activité events est au point mort"

Sans surprise, évidemment. Jusqu'au 29 octobre dernier, on pouvait éventuellement mettre sur le compte d'une interprétation extensive de la prévention des risques cette atonie du marché MICE; aujourd'hui, c'est la loi qui l'impose... Mais, une fois la crise sanitaire derrière nous, est-ce que ça va reprendre comme avant ? Dans un premier temps, évidemment, non : des budgets rendus serrés par la crise économique limiteront les velléités d'organiser des événements par trop coûteux. Quand l'économie repartira vraiment ? Ces derniers mois ont vu s'accélérer les solutions technologiques pour des events hybrides - à la fois présentiels et à distance - avec des jauges plus restreintes. Ce n'est pas la mort du MICE, mais une redéfinition en profondeur de cette industrie à laquelle on peut s'attendre. Des creative rooms avec très haut débit au détriment des palais des congrès ?

"On propose désormais une offre clé en main pour télétravailler hors domicile"

Le développement du home office ne date pas d'hier mais la période de confinement a agi comme un booster puissant. Selon les chiffres de l’Insee, en 2017, 3% des salariés se tournaient vers le télétravail au moins une fois par semaine. Depuis le confinement, près de 40% des actifs seraient favorables à cette pratique. En 2020, à la suite du confinement, le télétravail pourrait finalement concerner jusqu’à 8,5 millions d’emplois. 

Mais cette solution n'est pas sans poser de nouveaux problèmes. Notamment isolement et empiétement sur la vie familiale, côté salariés... Enjeux en termes de contrôle de la performance et de la fidélisation des équipes, pour les entreprises. Pour ces raisons, Arnaud Katz croit en un avenir professionnel qui se déclinera en trois espaces : bureau et domicile mais aussi un espace intermédiaire, lieu de télétravail en dehors du lieu de vie perso. Pour des raisons structurelles (domicile trop exigüe, connexion médiocre...) ou conjoncturelles (il y a des travaux dans ma rue, mes enfants restent à la maison aujourd'hui...), le domicile n'est pas toujours le cadre le mieux adapté à une activité professionnelle. Un avenir radieux pour les espaces de coworking ?

"Notre demande en small meetings a moins baissé que le reste de notre activité"

Small, semble-t-il, is beautiful. Petits, donc, ces séminaires (de 3 à 12 personnes) et peut-être plus fréquents, pour suppléer à un développement croissant du télétravail, à l'isolement qu'il crée et au besoin de maintenir une cohésion d'équipe qui s'impose à l'entreprise. Bonne nouvelle pour Bird Office, on peut imaginer que ces petites réunions aient davantage lieu en dehors des bureaux. Pour éviter que le small devienne medium ou large, au contact des collègues déjà présent sur les lieux, bien sûr. Mais aussi et surtout parce qu'à la faveur du développement du télétravail, il y aura vraisemblablement une organisation en flex office qui feront diminuer les surfaces des bureaux, dont les salles de réunion pourraient faire les frais.