Télétravail : les syndicats disent « négociations », le gouvernement répond « guide »

Les syndicats appellent à une négociation interprofessionnelle sur le télétravail, le gouvernement s’y dit prêt mais, en attendant, va éditer un guide de bonne conduite.

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Depuis le 17 mars, date du début du confinement, quelque 5 millions de salariés (25 %) ont basculé dans le télétravail, et cette situation devrait perdurer au-delà du 11 mai pour un grand nombre d’entre eux.

Les deux tiers de ces salariés n’avaient jamais expérimenté une telle organisation du travail. L’adaptation a dû se faire dans l’urgence de la situation de crise, tant pour eux que pour leurs employeurs. 

De grandes disparités ont été constatées entre les salariés soumis à cette formule, en fonction de la taille de leur entreprise, de sa situation géographique, de sa culture managériale. Au final : des situations de stress, de souffrance physique, d’empiètement de la vie professionnel sur la vie personnelle.

Des dérives éloignées des propositions portées en commun par le patronat et les syndicats depuis 2005, dont le droit à la déconnexion. En conséquence, la CGT, FO et la CFDT en appellent à une négociation interprofessionnelle afin de préciser un cadre légal et harmoniser les situations.

Une négociation que la ministre du Travail Muriel Pénicaud est prête à entamer. Tout en pointant « les délais importants de ce type de discussions, entre 4 et 6 mois en moyenne ». En attendant, espère-t-elle, le guide du ministère « sécurisera les travailleurs et les entreprises, qui n’avaient pas tous les éléments » en éditant un « guide spécial du télétravail (…) d’ici la fin de la semaine. »

Ce document « à destination des travailleurs et des entreprises qui l’avaient peu pratiqué jusqu’ici » n’aura pas de caractère contraignant et relèvera du code de bonne conduite.