En Europe, les déplacements professionnels devraient doubler d'ici 10 ans

Les déplacements professionnels pourraient augmenter de 50% d’ici 2036, selon une étude réalisée pour Accor par Tourism Economics. La croissance viendra principalement d’Asie et du Moyen-Orient, tandis que la France devrait devenir le premier marché européen du voyage d’affaires.

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

28 octobre 20263 min de lecture

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© Adobe Stock

Selon la dernière étude publiée par Accor, le voyage d’affaires devrait être l’un des principaux moteurs de la croissance touristique européenne au cours de la prochaine décennie. Tourism Economics prévoit que les arrivées de voyageurs professionnels progresseraient de 50% entre 2026 et 2036, contre 39% pour les voyages de loisirs. Elles dépasseraient ainsi 160 millions en 2036, le tourisme de loisirs restera largement majoritaire, mais les déplacements professionnels devraient progresser plus rapidement. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large : les nuitées internationales augmenteront de 42% en Europe sur la période, contre 24% pour les nuitées domestiques.

L’Asie et le Moyen-Orient en forte progression

Les échanges entre pays européens continueront de représenter la plus grande part des déplacements : en 2036, 77% des arrivées internationales devraient encore provenir d’un autre pays européen. La proximité, la densité des réseaux de transport et la fréquence des échanges économiques continueront de soutenir ces flux, mais la progression la plus forte viendra toutefois des marchés internationaux. Les arrivées de voyageurs d’affaires en provenance d’Asie-Pacifique devraient augmenter de 118% d’ici 2036, indique le rapport. La Chine contribuera largement à cette hausse, avec une progression estimée à 186%. Le Moyen-Orient connaîtra lui aussi une forte accélération, avec une hausse de 112% des arrivées professionnelles. Pour Tourism Economics, ces évolutions reflètent la montée en puissance des économies asiatiques et moyen-orientales, mais aussi l’amélioration des liaisons aériennes avec l’Europe. Elles devraient soutenir les déplacements liés au commerce, aux investissements, aux services et aux grands projets internationaux.

La France en tête, l’Allemagne toujours incontournable

La France ne sera pas en reste et devrait devenir le premier marché européen du voyage d’affaires, avec une croissance de 89% entre 2026 et 2036. Le poids de Paris, la présence de nombreux sièges sociaux, l’importance des salons et des congrès, ainsi que les bonnes connexions aériennes et ferroviaires expliquent en partie cette progression. De son côté, l’Allemagne conservera une position centrale, malgré une croissance plus modérée, estimée à 25%. Le rapport souligne le rôle du pays dans les salons professionnels et les conférences, ainsi que son potentiel auprès des clientèles asiatiques. Francfort et Munich devraient notamment profiter de leurs liaisons directes avec plusieurs marchés internationaux. L’Autriche, l’Espagne et le Royaume-Uni complètent les cinq premiers marchés européens du voyage d’affaires, avec une croissance attendue de 33% en Autriche, 52% en Espagne et 37% au Royaume-Uni. Ce dernier devrait continuer à jouer son rôle de porte d’entrée vers l’Europe pour les voyageurs américains, tout en attirant davantage de visiteurs professionnels du Golfe et d’Asie.

Les villes secondaires gagnent du terrain

En parallèle, le rapport met en évidence que la croissance ne se concentrera pas uniquement dans les grandes capitales. Plusieurs destinations d’Europe centrale et orientale, devraient voir leurs nuitées internationales progresser rapidement, dont la Roumanie, la Hongrie, les pays baltes, la Croatie et la Pologne. Une attractivité qui résulte du développement de nouvelles liaisons aériennes, l’amélioration des connexions ferroviaires et routières et l’essor des aéroports régionaux rendent ces marchés plus accessibles. L'étude utilise le cas de la Pologne pour illustrer cette tendance : Varsovie s’affirme comme une porte d’entrée vers l’Europe centrale, tandis que Cracovie, Wrocław, Katowice et Gdańsk renforcent leur attractivité économique et événementielle.

Une offre hôtelière appelée à s’adapter

Pour les voyageurs professionnels, la question ne sera pas seulement celle du nombre de destinations disponibles. La fiabilité de l’offre pèsera aussi dans le choix des établissements : réservation simple, localisation pratique, qualité constante, connexion internet, restauration, flexibilité et programmes de fidélité seront des critères importants, en particulier dans les marchés encore peu familiers. Le rapport souligne également que la valeur d’un séjour ne se limite plus à la chambre, mais aux dépenses de restauration, de transport, de commerce et de loisirs. Les hôtels devront donc mieux s’intégrer à leur environnement, notamment en proposant des espaces dédiés aux rendez-vous, une restauration adaptée et un accès facilité aux services de la destination.

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