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IHG contraint de revoir ses objectifs climatiques

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

11 mars 20263 min de lecture

Le groupe hôtelier a enregistré une progression de 3 % de ses revenus business travel au premier trimestre 2025, boostée par la hausse des prix, la reprise de l’occupation et un ambitieux plan d’expansion.
Le groupe hôtelier a enregistré une progression de 3 % de ses revenus business travel au premier trimestre 2025, boostée par la hausse des prix, la reprise de l’occupation et un ambitieux plan d’expansion.© AdobeStock

Le groupe hôtelier InterContinental Hotels Group (IHG) a annoncé qu'il procéderait en 2026 à une révision de ses objectifs de décarbonation, après avoir constaté que ses émissions totales de CO2 avaient augmenté de 7,7% entre 2019 et 2025, malgré des engagements pris il y a cinq ans.

En 2021, IHG s'était fixé un objectif scientifiquement validé par la Science Based Targets initiative (SBTi) : réduire de 46% ses émissions absolues de gaz à effet de serre pour les scopes 1, 2 et 3 d'ici 2030, en prenant 2019 comme année de référence. Les chiffres publiés par le groupe révèlent toutefois une évolution inverse. Les émissions sont passées de plus de 6,2 millions de tonnes de CO2 en 2019 à 6,7 millions de tonnes en 2025, soit une augmentation de près de 480.000 tonnes (+7,7%).

Cette progression place désormais IHG hors trajectoire pour atteindre son objectif initial. Catherine Dolton, directrice du développement durable d'IHG, a souligné lors d'une présentation aux investisseurs que le groupe avait pourtant réalisé des progrès significatifs en termes "d'intensité carbone". La consommation d'énergie par chambre disponible a diminué de 9,4%, tandis que les émissions de gaz à effet de serre par chambre ont reculé de 11,5% sur la même période.

Ces améliorations découlent d'investissements dans l'efficacité énergétique, notamment l'installation massive d'éclairages LED, l'optimisation des systèmes de chauffage et de climatisation, et la mise en place de mesures de conservation d'énergie dans les établissements. Le groupe a également lancé en 2024 son programme "Low Carbon Pioneers", qui rassemble des hôtels éco-efficaces ne brûlant pas de combustibles fossiles sur site et fonctionnant à l'énergie renouvelable.Cependant, ces gains ont été largement compensés par l'expansion du réseau hôtelier d'IHG à travers le monde.

Les contraintes d'un modèle franchisé

L'un des principaux obstacles à la décarbonation d'IHG trouve sa source dans son modèle économique. Sur près de 6.700 hôtels que compte le groupe, seuls 16 sont détenus directement par l'entreprise. La quasi-totalité du parc fonctionne sous contrat de franchise ou de gestion, ce qui signifie que les décisions d'investissement en capital appartiennent aux propriétaires tiers des établissements. Selon IHG, cette structure limite considérablement la capacité du groupe à imposer des mesures de décarbonation coûteuses. Le groupe peut influencer ces choix par le biais de standards de marque, d'outils de gestion comme sa plateforme Green Engage, et d'incitations financières, mais ne peut pas les contraindre directement. Catherine Dolton a également pointé du doigt plusieurs facteurs externes échappant au contrôle de l'entreprise. Elle cite notamment "la lenteur des progrès vers des réseaux d'énergie propre fiables dans de nombreux marchés" où IHG opère.

Un engagement maintenu malgré l'échec

Face à ce constat, IHG a annoncé qu'elle réévaluerait ses objectifs climatiques au cours de l'année 2026, en tenant compte "de ce qu'IHG est capable de contrôler et d'influencer". Cette révision pourrait conduire à des objectifs révisés à la baisse, même si le groupe insiste sur le maintien de son engagement envers la décarbonation. Catherine Dolton a tenu à préciser que l'échec à atteindre l'objectif actuel ne signifiait pas "un abandon des efforts." IHG n'est pas le seul groupe à manquer ses objectifs climatiques...

Pour rappel, Accor devra verser des pénalités financières à ses détenteurs d'obligations durable après avoir échoué à atteindre ses objectifs de réduction d'émissions carbone en 2025. Le géant français de l’hôtellerie s’était fixé deux objectifs : réduire de 15% ses émissions directes et indirectes (Scope 1 et 2) ainsi que ses émissions liées à sa chaîne de valeur (Scope 3), en prenant 2019 comme année de référence. Aucun de ces deux objectifs n'ayant été atteints, le groupe hôtelier devra débourser plusieurs millions d'euros en pénalités. Accor a néanmoins réaffirmé sa trajectoire nette zéro à l'horizon 2050 et ses objectifs de décarbonation à long terme.

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