La reprise du marché hôtelier perturbée par les mouvements sociaux en 2023 ?

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Les mois de janvier et février 2023 confirme la bonne reprise de l’hôtellerie en France après plus de deux ans de crise. Les mouvements sociaux pourraient néanmoins perturber cette dynamique. 

Selon le cabinet In Extenso, le France se positionne parmi les destinations les plus dynamiques à l’échelle européenne en février 2023 sur le marché hôtelier. Avec un taux d’occupation de 56%, l’Hexagone enregistre une hausse de 14% par rapport à 2022 sur la même période et un niveau similaire à 2019. Le prix moyen par chambre disponible s’élève à 57 euros HT et de 55 euros au total sur les deux premiers mois de 2023 (+42%). A Paris et en Ile-de-France, la destination enregistre une forte hausse avec un taux d’occupation de 73%, portée par le retour de la clientèle touristique et des événements professionnels. Avec un RevPAR de près de 195 euros HT, l’hôtellerie parisienne est en progression de 25% par rapport à 2022 et de 30% par rapport à 2019. En régions, le marché est également boosté par les grands événements, notamment à Nantes, Montpellier ou bien encore Nîmes. 

Enfin, les résidences hôtelières amorcent leur reprise avec un taux d’occupation entre 66% et 68% selon la gamme en région parisienne et entre 65% et 66% en régions. A Paris et en Ile-de-France, les pôles de la Défense, Marne-la-Vallée et la Grande Couronne enregistrent la plus forte croissance même si l’occupation reste encore en retard entre -8 et -5 points par rapport à 2019. 

Les mouvements sociaux en France pourraient-ils inverser la tendance ?

Une dynamique positive qui se retrouve néanmoins impactée par les mouvements sociaux ces dernières semaines. En effet, selon le baromètre, les acteurs de l’hôtellerie subissent directement les conséquences des tensions sociales, notamment à Paris. « Les bonnes performances réalisées par l’hôtellerie française en février sont très encourageantes, particulièrement en Ile-de-France, mais à l’échelle nationale également. Néanmoins, les mouvements sociaux qui se sont installés en France ont une réelle influence qui pourrait affecter le secteur du tourisme sur l’année 2023 », commente Olivier Petit, Associé chez In Extenso Tourisme, Culture et Hôtellerie. Contacté par la rédaction, certains hôteliers sont, selon lui, plus impactés que d’autres, notamment ceux se positionnant sur le marché haut de gamme avec une clientèle internationale. « On observe que les voyageurs réservent davantage en last minute mais lorsque ces mouvements s’arrêteront cela repartira et sera vite oublié », commente-t-il. Jugeant le mois de mars comme n’étant pas un mois « très stratégique pour les hôteliers français », l’impact sur le bilan annuel devrait être moindre « à condition que le mouvement ne s’enlise pas et que les manifestations ne prennent pas une tournure ‘Gilets Jaunes' ». Pour la clientèle professionnelle, ce sont avant tout les perturbations liées aux transports qui peuvent favoriser les annulations ou le report de séjour. En revanche, Olivier Petit reste confiant sur l’évolution positive du marché : « De plus en plus de voyageurs d’affaires se déplacent pour des réunions ou événements professionnels depuis la démocratisation du télétravail et cela booste le secteur ». Concernant la clientèle internationale, un retour à la normale n’était dans tous les cas pas attendu avant juin 2023, ce qui laisse le temps aux hôteliers de se projeter avec plus de précision sur l’impact réel de ces mouvements sur leur bilan d’activité.