Pierre-Charles Grob (D-Edge) : « Être en mesure de proposer une solution ouverte »

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Entreprise à l’ADN 100% tech, D-Edge a remporté le « gros lot » en étant choisi comme futur système de réservation (CRS) du groupe Accor. Présentation avec Pierre-Charles Grob, CEO de D-Edge Hospitality Solutions.

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ? 

Pierre-Charles Grob : D-Edge est une société 100% tech qui designe des solutions SaaS pour l’industrie hôtelière. Nous avons aujourd’hui 50% de nos collaborateurs qui travaillent sur la partie technologie et les 50% restant sur ce qui touche au service client, finance… Nous servons 17 000 hôtels à travers le monde, dont 5 000 du groupe Accor et 12 000 non Accor. D-Edge est né de la fusion des sociétés Fastbooking et Availpro en 2018. Aujourd’hui nous sommes principalement présents en région Europe et en Asie Pacifique.

Comment s’est fait le rapprochement avec Accor ? Vous avez répondu à un appel d’offres ? 

Pierre-Charles Grob, CEO de D-Edge Hospitality Solutions

Il n’y a pas eu d’appel d’offres à proprement parlé puisque nous sommes détenus à 100% par le groupe Accor. En revanche, une étude de marché a été faite avant de choisir notre solution. Il fallait être sûr que nous puissions servir le groupe et Accor va justement nous aider financièrement pour la phase de consolidation. Cet investissement va nous permettre de recruter et d’améliorer notre solution, que cela soit pour nos clients Accor ou pas, et nos futurs prospects.

Concernant le passage d’un système à un autre, tout est dans le cloud donc il n’y a rien à installer sur site pour les hôteliers. Nous serons bien évidemment là pour que la migration se passe au mieux mais nous sommes avant tout un fournisseur de technologie. Accor va ensuite gérer cela au niveau régional, selon les hôtels.

La modernisation du système de réservation était selon vous indispensable ? 

Les technologies évoluent et pour un groupe tel qu’Accor il est indispensable de s’équiper des meilleures technologies du moment. L’utilisateur est au cœur de notre développement, il faut que ces outils soient simples d’utilisation pour les salariés de l’hôtellerie, surtout dans un secteur qui peine à recruter. La prise en main et la formation doivent être rapides. Deuxièmement, au-delà des briques technologiques, il y a un réel besoin de connectivité. Le système doit pouvoir se connecter à d’autres solutions facilement. Il faut aujourd’hui être en mesure de proposer une solution ouverte. Enfin, nous observons que les hôteliers préfèrent désormais se concentrer sur leur cœur de métier, à savoir l’hospitalité, et font davantage appel à des fournisseurs et sociétés spécialisées pour l’aspect tech. Il y a un réel besoin de se reconcentrer sur l’essentiel depuis la crise et de laisser gérer les autres aspects à des sociétés dont c’est le métier.

Durant la crise, la réflexion s’est portée sur : « comment trouver les bons partenaires pour nous accompagner sur les 10 prochaines années ? », de la part des professionnels du secteur. Le résultat est qu’il y a eu une rationalisation autour de quelques acteurs qui vont désormais porter cette évolution dans les 5 prochaines années.

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Lorsque vous parlez d’amélioration du système, à quelles fonctionnalités pensez-vous ? 

En matière de chaînes, de grands groupes, beaucoup de fonctionnalités doivent être améliorées. Il y a notamment tout ce qui touche à la user experience et à la tarification (tarification à l’heure, services additionnels…). Il faut se poser la question : avec quel partenaire faut-il se connecter pour enrichir son système ou est-ce à nous de travailler là-dessus ? L’avantage d’avoir une plateforme ouverte est que nous pouvons facilement nous connecter à d’autres solutions et le champ des possibles est alors illimité. Il faut également prendre en compte les spécificités des régions et de certains pays pour être capable de répondre aux besoins des hôteliers. Un CRM au Japon ne va pas être le même qu’en France. Les habitudes des clients y sont différentes, le marché est différent. Ce concept d’open platform permet d’avoir une certaine agilité.

Qu’est-ce que vous qualifiez de CRS nouvelle génération ? 

Un CRS nouvelle génération doit être une open platform, c’est vraiment la base. Ensuite, il doit être simple d’utilisation. En matière de technologie, le plus complexe est de faire simple. Il doit ensuite être capable d’améliorer constamment ses fonctionnalités autour du guest, de la personnalisation, du service et de l’expérience client. Pour cela il faut connaître sa clientèle. Tu ne peux pas répondre à ses besoins si tu ne la connais pas.