Al-Ula (Arabie Saoudite), des Nabatéens à Jean Nouvel

En Arabie Saoudite, le projet à la fois culturel et touristique d’Al-Ula est porté par la France.

L’Arabie Saoudite change doucement mais sûrement. Le Royaume wahhabite niait récemment encore son passé préislamique. Et le site de Hégra, cité nabatéenne classée au patrimoine mondial de l’Humanité, était même considéré comme un lieu maudit. Il profite aujourd’hui d’un spectaculaire coup de projecteur dans notre pays, avec l’exposition de l’Institut du Monde Arabe (Paris), «AlUla, merveille d’Arabie L’oasis aux 7000 ans d’histoire», du 9 octobre au 19 janvier 2020. Hégra (Madain Saleh) se trouve en effet à 23 km d’Al-Ula (province de Médine). Cette dernière, terre fertile avec de vastes oasis, abrita durant des millénaires de nombreux royaumes (dadanite, lihyanite), avant d’accueillir les Nabatéens en provenance de Pétra (Jordanie).

Al-Lula est aussi le site d’un immense projet porté par le très controversé prince héritier Mohammed ben Salmane, lequel s’emploie à desserrer l’étau religieux, et à ouvrir le Royaume au tourisme. Ce parc naturel, touristique, archéologique et culturel, d’une superficie équivalente à la Belgique, rassemblerait six musées, de nombreux hôtels, de résidences d’artistes, ainsi d’un vaste resort dont l’architecte serait Jean Nouvel. La France se serait vu confiée l’ingénierie culturelle et la construction d’infrastructures, suite à l’accord intergouvernemental signé par les deux pays en avril 2018. La projet serait réalisé en cinq à dix ans, pour un coût qui s’élèverait de 50 à 100 milliards de dollars (40 à 81 milliards d’euros).