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Les tarifs aériens transatlantiques chutent à leurs niveaux pré-pandémiques

Cette baisse de la demande européenne est liée aux préoccupations sur les politiques de Donald Trump.

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David Keller

David Keller

7 juillet 20253 min de lecture

Etats-Unis : L'ESTA passe de 21 à 40 dollars ce mercredi 30 septembre
Etats-Unis : L'ESTA passe de 21 à 40 dollars ce mercredi 30 septembre© AdobeStock

Selon Reuters, les tarifs aériens transatlantiques ont chuté à des niveaux observés pour la dernière fois avant la pandémie. Cette tendance reflète une diminution du nombre d'Européens voyageant vers les États-Unis, en raison d'inquiétudes concernant les contrôles frontaliers américains et les politiques du président Donald Trump. Cette évolution pourrait se prolonger pendant et au-delà de la période estivale.

Des chiffres en baisse constante

Les arrivées internationales aux États-Unis ont diminué de 2,8% en mai par rapport à l'année précédente, selon les données préliminaires du Bureau national du tourisme et des voyages américain, rattaché au ministère du Commerce. Quant aux voyages en provenance d'Europe occidentale, ils ont chuté de 4,4% sur la même période, principalement en raison d'une baisse des voyageurs danois et allemands.

Les réservations futures suggèrent que ces baisses de la demande pourraient perdurer. Selon la société d'analyse OAG Aviation, les réservations totales vers les États-Unis pour juillet sont en baisse de 13% par rapport à l'année précédente.

Les compagnies européennes sous pression

Cette baisse de la demande aggrave les difficultés financières des compagnies aériennes, particulièrement pour les transporteurs européens comme Air France-KLM et Lufthansa. Ces compagnies font déjà face à des coûts de main-d'œuvre et de carburant plus élevés, ainsi qu'à des perturbations de vols dues aux conflits au Moyen-Orient, qui allongent les temps de vol et augmentent les coûts des routes vers et depuis l'Asie.

Les tarifs aériens transatlantiques baissent depuis le premier trimestre 2025, lorsque les Européens ont commencé à reconsidérer leurs voyages vers les États-Unis après que Trump a suggéré d'annexer le Groenland, lancé une guerre commerciale mondiale et émis des décrets pour durcir la politique frontalière. Un dollar plus fort a également dissuadé certains voyages.

Les tarifs moyens aller-retour en classe économique pour plus de 50 routes entre les États-Unis et l'Europe au premier trimestre ont diminué en moyenne de 7% par rapport à l'année précédente. Les tarifs pour voler entre Atlanta et Londres ont chuté de 55%, selon les données de la société d'analyse aéronautique Cirium.

Cet été, le prix des billets aller-retour des États-Unis vers l'Europe a baissé de 10% par rapport à l'année dernière, selon l'application de réservation de voyages Hopper. Les tarifs moyens de 817 dollars par billet sont alignés sur les prix vers l'Europe à l'été 2019, avant la pandémie.

Stratégies d'adaptation face à la crise

Les grandes compagnies aériennes s'attendent à une pérennisation de ce ralentissement de l'activité. Le PDG de Lufthansa, Carsten Spohr, a déclaré que sa compagnie s'attend à une demande plus faible au troisième trimestre après un boom estival. Le PDG d'Air France-KLM, Ben Smith, a indiqué que la compagnie observe un "léger recul" du trafic transatlantique et réduira les prix pour maintenir ses cabines pleines sur les vols transatlantiques.

Les voyages vers les États-Unis en mai depuis le Danemark, l'Allemagne et la France ont chuté respectivement de 20%, 19% et 9%. En mars, l'Allemagne a mis à jour son avis de voyage pour les États-Unis, soulignant qu'un visa ne garantit pas l'entrée.

Lufthansa affirme que la demande plus élevée des voyageurs américains se rendant en Europe compense la baisse des Européens voyageant dans l'autre sens. United a précisé que les réservations internationales depuis l'Europe ont chuté de 6% au premier trimestre, mais, à l’image de la compagnie allemande, souligne que la forte demande américaine équilibre cette baisse.

Delta Air Lines, quant à elle, a précisé que 80% de sa demande internationale long-courrier provient des États-Unis, et que les tarifs dans la région sont "significativement plus élevés" que dans le reste du monde.

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