Coronavirus, les pros du Mice et du voyage d’affaires en plein doute !

Un nombre croissant d’entreprises suspendent les déplacements de leurs collaborateurs, et annulent des événements et séminaires, en raison du COVID-19. La GBTA a commencé à sonder les professionnels du secteur du voyage d’affaires et du MICE.

De nombreuses entreprises ont annoncé avoir suspendu tous les voyages d’affaires internationaux de leurs collaborateurs, au moins jusqu’à fin mars. Un principe de précaution salutaire au regard de la propagation du coronavirus, mais aussi un coup dur pour le secteur du business travel et du MICE. Les géants du cosmétique et de l’alimentation L’Oréal (86 000 salariés) et Nestlé (291 000) ont ouvert le bal, il y a une quinzaine de jours. Des mesures bien plus sévères que celles de la plupart des groupes français, lesquels se limitent à la suspension des missions dans les «zones à risques», à savoir la Chine, la Corée du Sud et l’Italie du Nord. Mais d’aucuns ne manquent pas de considérer cette liste des «zones à risque» comme obsolète… Des grandes entreprises américaines ont aussi adopté une position similaire à celles de L’Oréal et Nestlé ces jours-ci, dont Amazon comptant quelque 800 000 employés…

Les suspensions et restrictions aux voyages ont dès à présent un impact énorme sur le secteur. Selon un récent sondage réalisé auprès de 400 entreprises membres de la GBTA (Global Business Travel Association), 65% d’entre elles annoncent avoir annulé quelques événements et séminaires en raison du coronavirus, et 18% un grand nombre… Chez Chateauform’, on confirme en effet de nombreuses annulations de séminaires, sans toutefois donner de chiffres précis.

Toujours d’après la même enquête GBTA, 95% des entreprises interrogées déclarent avoir suspendu des voyages en Chine, 45% au Japon et en Corée du Sud, et 23% en Europe. Avec la progression du virus sur le Vieux Continent, nul doute que le pourcentage européen va s’inscrire à la hausse dans les prochaines semaines. D’autant que l’annulation d’événements aussi majeurs que l’ITB Berlin et le Mobile World Congress de Barcelone n’envoient pas des signaux très encourageants… La visioconférence, en la matière, peut apparaît parfois comme un recours. Ainsi, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale ont annoncé le remplacement de leur traditionnelle réunion du printemps à Washington – prévue mi-avril – par un «format virtuel».

Autre enseignement du récent sondage de la GBTA, 43% de ses membres ont introduit de nouvelles conditions pour l’approbation des voyages, et 51% d’entre eux ont modifié leurs mesures de sécurité en voyage. D’ores et déjà, l’association estime à 47 milliards de dollars l’impact mensuel du coronavirus sur le voyage d’affaires. A quand la fin de l’épidémie ? Plus de la moitié (54%) des entreprises ayant prises des mesures contraignantes en matière de déplacements professionnels, déclarent ne pas savoir quand reprendront les voyages ; pour 31% d’entre elles, la reprise devrait se faire dans les trois mois, quand 14% craignent qu’elle n’intervienne pas avant six mois…

Aujourd’hui, de nombreux vols sont annulés aux quatre coins du monde. L’application de voyage Hopper notait même, ces jours-ci un effondrement de la demande d’information sur les horaires d’avion sur de nombreuses destinations. Mais les derniers stats OAG, publiées ces dernières heures, témoignent dans le même temps d’une reprise du marché domestique du transport aérien en Chine…