Covid : France-Chine, chorégraphie asymétrique

Covid : France-Chine, chorégraphie asymétrique

En matière sanitaire, la France et la Chine sont sur deux tendances opposées quant aux conditions d'entrée dans leurs frontières pour les voyageurs en provenance de leur destination respective.

Depuis le 5 janvier, les voyageurs en provenance de Chine et à destination de la France, ont désormais l'obligation de présenter un test antigénique ou PCR au Covid-19 négatif. On peut éventuellement penser que l'Hexagone fait partie des pays visés par une porte-parole du gouvernement chinois qui déclarait la semaine passée : "Certains pays ont mis en place des restrictions à l’entrée visant uniquement les voyageurs en provenance de Chine. Cela est dénué de base scientifique et certaines pratiques sont inacceptables".

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Si c'est le cas, l'assertion peut surprendre quand on sait que la Chine exige toujours de telles restrictions aux voyageurs venant de l'étranger (et que la délivrance de visas touristiques est toujours suspendue), même si - et c'est loin d'être un détail - la quarantaine n'est plus de mise pour la plupart des voyageurs en provenance des pays occidentaux depuis le 8 janvier à l'arrivée en Chine.

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Donc il est vrai qu'au global, on est entré dans l'ère de la détente côté chinois, alors que la France opte pour le durcissement vis-à-vis de ce pays. Ce durcissement est particulièrement justifié, d'après Olivier Véran, puisque le porte-parole du gouvernement (et ancien ministre de la Santé) a indiqué mercredi 4 janvier (soit 24 heures avant l'obligation de présenter un test négatif avant d'embarquer en Chine à destination de la France) qu'une série de tests avait été réalisée dans un aéroport français : un tiers d'entre eux s'est révélé positif.

Autre grief, il est vrai, que la Chine peut reprocher à la France : elle tente d'exporter sa politique restrictive à l'échelle de l'UE. Les "27" se sont entendus la semaine dernière sur un certain nombre de recommandations non contraignantes à l'adresse des pays membres de l'organisation continentale. Notamment ces fameux tests négatif au départ de la Chine, mais aussi le fait de tester les eaux usées des aéroports accueillant des vols arrivant de Chine, avec un séquençage génomique, pour repérer d'éventuels variants du virus. Et la France se fait effectivement le promoteur de ces mesures. 

La Chine fait correspondre la réouverture de ses frontières ou, du moins, l'allègement des conditions d'entrée, avec un revirement brutal de sa politique sanitaire domestique, passant d'une stratégie très stricte, multipliant les confinements locaux ou généralisés, de "zéro Covid", elle a totalement relâché l'étau courant décembre. Le virus se répand à grande échelle dans un pays dont la population n'est encore que très peu vaccinée (de l'ordre de 10%), avec un vaccin dont la réputation est de moins entraver la contagiosité que les vaccins utilisés dans les pays occidentaux.

Après avoir rendu publiques des chiffres de contaminations dont le faible niveau était jugé peu crédible par la plupart des organisations internationales (dont l'OMS) et la plupart des Etats, le gouvernement chinois a modifié sa communication à ce sujet : il lui est désormais impossible de délivrer des estimations fiables. Un empêchement - dont l'aveu est peu habituel de la part d'un Etat qui se veut omnipotent - qui n'a rien de rassurant. Et dans quelques jours, le 22 janvier, ce sera le Nouvel-An chinois. L'occasion de produire quelques clusters XXL.