Brexit & Business travel, Question marks…

Brexit & Business travel

Boris Johnson triomphant aux élections générales, le brexit pointe à l’horizon… Quels en seront les impacts sur le voyage d’affaires ?

Le problème avec le confort, c’est qu’on s’y habitue si vite qu’il se transforme rapidement en une situation acquise, d’une morne banalité, dont on n’apprécie plus les avantages… Le brexit risque de le rappeler rapidement aux voyageurs d’affaires. Et ce déplacement professionnel dans la City qui se déroulait avec une une parfaite suavité sera à ranger au chapitre des paradis perdus...

Ce jeudi 12 décembre 2019, le triomphe de Boris Johnson aux élections générales britanniques (plus gros succès des Torries depuis 1987) ouvre définitivement, a priori (soyons prudents !), la voie déjà bien tracée du brexit.

Les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne restent à définir et, en conséquence, on ne peut en mesurer les impacts avec précision. D’ailleurs, même une fois les accords de sortie signés, ce n’est qu’à la pratique qu’on pourra lister les chamboulements induits par le choix britannique.

Concernant les business travellers, Britanniques voyageant dans l’UE, Européens voyageant au Royaumes-Uni, les désagréments et… les coûts vont forcément s’accumuler. Nous listons ici une série de sujets, forcément agrémentés, à date, d’un point d’interrogation…

Embouteillages à la frontière ?

Ah, la délicieuse « fast track lane », cette voie si fluide qu’empruntaient les citoyens des deux entités dans les deux sens. Tout ça, c’est (bientôt) fini ! En novembre 2018, la Commission européenne a indiqué que les détenteurs de passeports britanniques pourraient toujours circuler sans visa dans la zone de Schengen si le gouvernement britannique accorde pleinement et sans discrimination la réciproque aux voyageurs européens. Dont acte.

Sauf que depuis 2016, l’UE travaille à la mise en place de l’ETIAS (European Travel Information and Authorisation System). Ce système, qui s’adressera aux ressortissants des 61 pays hors-UE qui peuvent voyager sans visa dans l’Espace Schengen, devrait être pleinement effectif en 2021.

Il s’agit en fait d’une autorisation de voyage qui rassemblera, suivra et mettra à jour les informations nécessaires concernant les visiteurs afin de déterminer s’il est sûr ou non qu’ils entrent dans les pays membres de l’espace Schengen. Et elle sera payante ! On parle, pour l’heure, de 7 €…

Donc, à supposer que les Britanniques puissent voyager sans visa dans l’UE (ce qui est fort probable), ils n’échapperont pas à ce fameux ETIAS. Et comme, en la matière, la réciproque semble être de mise entre le Royaume-Uni et l’UE (façon polie de dire qu’on se rend coup pour coup), on imagine qu’une petite astuce administrative, qu’on espère moins lourde qu’un plum-pudding, sera mise en place de l’autre côté du Channel.

London Calling ?

Et cette formidable victoire de la Commission européenne contre les opérateurs télécoms du continent ? On s’en souvient à peine, alors qu’elle ne date que de 2017. Jusqu’à cette date, les Européens payaient une taxe d’itinérance (dite « roaming ») quand ils se déplaçaient dans les pays membres et y utilisaient leur téléphone. Ce n’est plus le cas ! Mais ça le sera peut-être de nouveau dans un Royaume-Uni post-brexit ! 

Et l’assurance-voyage ?

Aujourd’hui, des accords réciproques permettent de faire bénéficier aux voyageurs européens de couvertures accidents et maladies à peu près équivalentes grâce à des assurances loisirs et/ou professionnelles. Là encore, la sortie du Royaume-Uni est susceptible de tout remettre en cause et entraîner des renégociations entre les pays pouvant se traduire par des augmentations de coût significatives pour les voyageurs.

Baby, you can drive my car ?

Pour continuer à connaître les charmes d’un sens giratoire conduite à gauche en Europe, sera-t-on obligé de se rendre à Malte ? A priori, non : le gouvernement britannique a précisé qu'après le Brexit, pour les Européens qui voyagent au Royaume-Uni, les dispositions actuelles ne changeraient pas. Mais ça, c’est a priori… En réalité, certains officiels n’excluent pas l’obligation d’un permis de conduire international et l’obligation de prévenir sons assureur, dans un sens comme dans l’autre.