« Le certificat vert européen, une satisfaction et des regrets », selon Jean-Pierre Mas (EDV)

Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage.

Le président des Entreprises du voyage (EDV), Jean-Pierre Mas, se félicite de la mise en oeuvre prochaine du certificat vert européen. Tout en pointant ses limites et insuffisances.

Ce lundi, lors du sommet des 27 chefs d'Etat de l'UE, la validation du texte qui sera soumis au vote des eurodéputés entre les 7 et 9 juin, devrait être une formalité, suite aux négociations fructueuses de jeudi dernier entre le Parlement et les exécutifs nationaux.

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Renvoyé dans mes 22

Jean-Pierre Mas se félicite de la mise en place d'un tel dispositif. Il en est d'autant plus satisfait que, côté français, ce n'était pas gagné d'avance...

"Quand j'ai parlé de la nécessité d'un tel certificat au gouvernement, je peux vous dire que je me suis fait renvoyer dans mes vingt-deux. La crispation tenait à des arguments d'ordre éthique. Manifestement, la position de la France a changé, et tellement changé qu'elle est devenue leader sur le sujet. Changer d'avis, ce n'est pas grave. Le plus important, c'est que ce soit dans le bon sens."

Pas d'uniformisation

Pourtant, le président des EDV a de forts doutes sur la capacité de ce certificat à s'étendre par-delà les frontières européennes, puisqu'il présente déjà de fortes limites à l'intérieur même de l'espace qu'il concerne...

"La mise en place d'un tel dispositif aurait pu être l'occasion d'une uniformisation des conditions d'entrée entre les pays, ce n'est pas le cas et je le regrette. En fait, le QR-code qu'on présentera avec notre certificat vert ne sera que la preuve que nous remplissons les conditions d'entrée dans le pays où nous nous rendons." Sous-entendu : elles peuvent être différentes pour une autre destination de l'espace UE.

PCR ou vaccin, il faut choisir !

Autre regret de Jean-Pierre Mas, le maintien des tests PCR pour les personnes vaccinées. Ils considèrent que c'est une erreur et souhaite en outre que cette obligation soit supprimée aussi pour les personnes présentant un test sérologique positif à la présence d'anticorps. Pour trois raisons.

D'abord, "ce maintien des tests PCR fait planer le doute sur l'efficacité des vaccins. C'est une très mauvaise communication alors qu'on a besoin que le plus grand nombre possible de personnes se vaccinent".

Ensuite, parce que "ces tests PCR constituent une vraie contrainte, surtout pour les voyageurs fréquents, notamment les voyageurs d'affaires. Un voyageur qui se déplace trois fois à l'extérieur de ses frontières en un mois devra potentiellement passer six tests. Et s'il est français, trois au minimum, lors de son retour. Et cette contrainte peut être plus exigeante encore au retour, car dans certains pays de l'UE, les tests PCR sont parfois moins accessibles et onéreux".

Attractivité

Sur ce dernier point, rappelons que les eurodéputés plaidaient pour une gratuité des tests qui a été rejetées par certains Etats pour des raisons de budget. Le texte prévoit finalement qu'ils soient "accessibles et abordables".

Le dernier point soulevé par Jean-Pierre Mas inclut le business travel mais le dépasse de loin : il s'agit de l'attractivité de la France qui, selon lui, va souffrir du maintien de cette obligation de tests. Sur ce sujet, les EDV ont décidé de travailler à convaincre le gouvernement.