Guerre en Ukraine : comment le voyage d’affaires français est-il impacté ?

Guerre en Ukraine : comment le voyage d'affaires français est-il impacté ?

Un récent sondage de l'AFTM concernant l'impact de la guerre en Ukraine sur le business travel d'entreprises françaises présente des résultats contrastés. Peu d'impact direct sur les PVE mais une modification largement répandue dans la façon de voyager.

L'AFTM (Association française des travel managers) nous a fourni en exclusivité les résultats d'une enquête menée auprès d'entreprises de son réseau, concernant l'impact de la guerre en Ukraine sur leurs déplacements professionnels. Nous en rendons compte ici, en l'assortissant de nos propres commentaires et mises en perspectives.

Sur les 254 réponses reçues, on trouve des entreprises de toutes tailles avec, cependant, une forte prime aux ETI (de 250 à 4999 salariés) et aux grands groupes (5000 et plus), puisque ces deux types d'organisation se partagent à part quasi égale 76% des réponses. Les PME (19%) et les entreprises de moins de 10 salariés (14%) constituant le reste de l'échantillon. 

70% des PVE inchangées

L'information principale de ce sondage tient en un chiffre : 70% des PVE n'ont pas été modifiées par le conflit ouvert débuté le 24 février dernier. Seule une trentaine de pourcents des entreprises interrogées ont donc infléchi leurs consignes, directives ou conseils à l'adresse de leurs voyageurs.

Les ciels russes et ukrainiens étant fermés, on peut raisonnablement estimer que ces entreprises dont la PVE n'a pas été modifiée n'ont tout simplement pas de relations directes avec les pays belligérants. Cette proportion élevée relativise le poids des échanges commerciaux entre la France d'une part, la Russie et l'Ukraine d'autre part.

De fait, selon les chiffres du Ministère de l'Economie, en 2020, la Russie était le 17ème fournisseur de la France et la France était le 18ème client de la Russie, pour des valeurs respectives de 331,7 Mds USD et de 239,7 Mds USD. Si les échanges économiques entre les deux pays sont anciens, leur part relative reste faible. 

C'est l'inverse, d'une certaine façon, entre la France et l'Ukraine : en 2019, la France était le 9ème fournisseur de l’Ukraine, avec une part de marché de 2,8 %, mais pour un montant total des échanges de moins de 2 Mds €, en hausse constante cependant. 

En revanche, un autre critère éclaire d'un jour nouveau les relations économiques entre les belligérants et la France. Avec plus de 500 filiales françaises implantées (dont 35 entreprises du CAC 40) en Russie, et quelque 160 en Ukraine, la France présente la particularité d'être le plus gros employeur étranger dans chacun de ces deux pays, avec, respectivement 160.000 et 30.000 salariés.   

Mais des déplacements impactés à 70%

Cependant, nous retenons un deuxième chiffre de ce sondage AFTM : seulement 30% des répondant déclarent que la guerre n'a eu aucun impact sur leurs déplacements professionnels. Certes, s'il n'est significatif ou très significatif que pour 15% des répondants, il n'est pas absent pour 55% d'entre eux. Ce qui signifie que si la PVE n'a pas été modifiée, le conflit n'en impacte pas moins des voyages autres que ceux dont la destination finale serait l'Ukraine ou la Russie.

Ainsi, on peut penser à une modification des trajets vers l'Asie pour éviter les espaces aériens fermés. On peut aussi penser à une réticence à valider un déplacement dans l'Est de l'Europe. Le territoire ukrainien est vraisemblablement perçu comme une poudrière, à la merci d'une étincelle qui pourrait embraser les pays voisins.

Et parmi ces pays, certains sont des partenaires commerciaux non négligeables : la Pologne, au premier chef. Mais aussi la Hongrie ou la République tchèque. Pour chacun d'entre eux, la France entre dans leur top 5 des découchés extérieurs, dans le top 10 de leurs fournisseurs.