Le coronavirus ferme les frontières intérieures et extérieures de l’UE

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Image d’illustration - D.R.

La fermeture des frontières de l'espace Schengen, annoncée par Emmanuel Macron lundi soir s'ajoute à de nombreuses entorses à la liberté de circuler mise en place à l'intérieur de l'Union européenne, en réaction à la propagation du Covid-19.

Emmanuel Macron a déclaré lundi soir que l’Union européenne fermait ses frontières avec l’extérieur pour une durée de 30 jours à compter du 17 mars. Il a précisé que cette mesure avait été prise en concertation avec les autres pays membre de l’UE.

En cela, le chef de l’Etat est en cohérence avec son allocution télévisée du jeudi 12 mars : « Nous aurons sans doute des mesures de contrôle, des fermetures de frontières à prendre, mais il faudra les prendre quand elles seront pertinentes et il faudra les prendre à l'échelle européenne, car c'est à cette échelle-là que nous avons construit nos libertés et nos protections », avait-il alors déclaré.

En dépit de ces propos, émanant d'un Européen convaincu, la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’UE n’est en réalité plus d’actualité. Ces entorses à l’un des fondements de la construction européenne prennent trois formes principales.

  • Soit une fermeture totale des frontières nationales ; c’est le cas de la Pologne, la Lituanie, le Danemark, la Slovaquie, Chypre et la République tchèque, l'Espagne ont d’ores et déjà fermé leurs frontières.
  • Soit des fermetures totales mais ciblées en direction de pays frontaliers particulièrement touchés ; c’est le cas de l'Autriche et de la Hongrie qui ont restreint leurs entrées pour l'Italie ; ou du Portugal qui a fermé ses frontières avec l'Espagne
  • Soit un renforcement des contrôles douaniers ; c’est, par exemple, le cas de l’Allemagne avec cinq pays de ses six frontaliers, à l’exception de la Pologne : la France, l’Autriche, la Suisse, le Danemark et le Luxembourg ; ou encore de la Slovénie qui a instauré des contrôles sanitaires à ses frontières.

La France a déjà annoncé qu'elle allait renforcer les contrôles à sa frontière avec l'Allemagne et « limiter les traversées de la frontière au strict nécessaire ».  Dans cette perspective, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner a, annoncé le déploiement de 100.000 policiers et gendarmes pour assurer les contrôles aux frontières.