Les « Jeudis Géopol » – 14 janvier 2020

Chaque jeudi, nous revenons sur les événements internationaux qui ont retenu notre attention durant la semaine écoulée.

Donald Trump pourrait ne plus pouvoir se représenter à une élection présidentielle

Les derniers jours du mandat du Président des États-Unis ne sont pas de tout repos. Suite à l’attaque du Capitole, ayant fait 5 morts la semaine dernière, les démocrates ont demandé une seconde procédure de destitution à quelques jours de l’investiture de Joe Biden. L’opposition l’accuse d’être responsable des événements de Washington et le juge inapte à terminer son mandat dans de bonnes conditions, sans danger pour les Américains et la démocratie. Cette procédure « d’impeachment » pourrait être votée dans les prochains jours et, même si il reste au pouvoir, l’objectif est bien plus important. En effet, ce vote décisif pourrait permettre d’écarter définitivement Donald Trump des élections présidentielles. Le magnat de l’immobilier ne serait donc plus en mesure de se représenter en 2024. Si la première procédure de destitution n’avait pas abouti en 2019, cette fois, les évènements de Washington pourraient être décisifs dans la décision des élus démocrates, comme des républicains. Certains élus de son camp s’y déclarent même favorables. 

L’Afrique du Sud ferme ses frontières terrestres 

Face à la recrudescence de cas de COVID-19 et d’un nouveau variant du virus, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé la fermeture des frontières terrestres du pays et ce, pour un mois minimum. Cette mesure est entrée en vigueur lundi 11 janvier et le prolongement des mesures pour lutter contre la propagation de la COVID-19 ont été prolongées. Depuis plusieurs semaines, le pays a fait face à une hausse de cas sans précédent, alimentée par un nouveau variant du virus plus contagieux. Les 20 postes-frontières terrestres d’entrée dans le pays vont être fermés jusqu’à la mi-février, pour éviter toute « congestion ». Seuls les convois de marchandises et les personnes voyageant pour des raisons médicales ou liées à leurs études seront autorisés à les emprunter.

La Norvège, un producteur de pétrole très écolo…

La Norvège est le plus gros producteur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest. Et le pays doit en grande partie sa richesse à son pétrole et son gaz naturel. Le gouvernement norvégien avait délivré en 2016 des licences de prospection en mer de Barents. Une décision que des ONG et écologistes considèrent comme incompatibles avec la Constitution du pays et l’accord de Paris. La Cour suprême vient, il y a quelques jours, de couper court à leurs demandes en validant l’exploitation pétrolière en Arctique. La Norvège accélère dans la même temps dans la transition écologique. Le pays est devenu l’an dernier le premier au monde où le nombre de voitures électriques a représenté plus de la moitié des nouvelles immatriculations (66,7% en décembre). Oslo veut aussi, parmi de multiples mesures, promouvoir les biocarburants, encourager le captage et stockage de CO2, et plus que tripler sa taxe carbone d’ici 2030. La Norvège n’a pas fini d’être accusée de double langage.

Le plus grand tunnel immergé du monde va relier le Danemark à l’Allemagne

(c) Vinci Construction

Vinci Construction a démarré ce début janvier les travaux de construction du tunnel de Femern, en mer Baltique, lequel reliera le Danemark à l’Allemagne en dix minutes en voiture et sept minutes en train, contre une heure en ferry actuellement. Ce tunnel de 18 kilomètres, dont le coût est estimé aujourd’hui à 8 milliards d’euros, devrait être achevé en 2029. La Scandinavie avait déjà marqué les esprits avec l’inauguration en 2000 du tunnel de l’Øresund reliant les villes de Malmö en Suède à Copenhague au Danemark.

L’Inde, une campagne de vaccination à la dimension du pays

L’Inde va démarrer ce week-end une campagne de vaccination d’une ampleur sans précédent. Il s’agit en effet de vacciner un pays qui compte 1,4 milliard d’habitants. On imagine la tache, sachant qu’il est majoritairement rural, et que ses infrastructures hospitalières sont souvent déficientes. L’Inde entend commencer par vacciner les personnels soignants et les personnes plus exposées à la maladie, soit tout de même 30 millions d’habitants. La question du choix du vaccin est évidemment très importante, surtout dans un contexte permanent de tension avec son grand voisin chinois. Le gouvernement a ainsi accordé l’autorisation à deux vaccins, Covaxin conçu par l’Indien Bharat Biotech, ainsi que Covishield développé par AstraZeneca et l’Université d’Oxford. Or, ces deux vaccins nécessitent un strict respect de la chaine du froid. On imagine l’incroyable défi logistique dans un pays de la taille de l’Inde…

«La pandémie marque la fin de l’hégémonie de l’Occident»

Chung Min Lee, le docteur en géopolitique sud-coréen, a souligné les faiblesses du monde occidental dans son combat contre la pandémie, dans un interview publié ces jours-ci dans le Figaro. Et le Senior Fellow au Carnegie Endowment for International Peace de prédire une rivalité grandissante entre les États-Unis et la Chine : « Désormais, l’Occident n’est plus le modèle incontesté aux yeux du reste du monde. Il s’agit du changement le plus important dans l’histoire mondiale depuis 500 ans ». Chung Min Lee rappelle que l’Occident a pu dominer le monde grâce à son esprit critique et son innovation, malgré une population moindre que la Chine. Mais cette dernière est devenue un redoutable concurrent si l’on regarde le nombre de brevets aujourd’hui déposés. Tout n’est toutefois pas perdu pour l’Occident, selon le géopolitologue, rappelant qu’il peut compter sur sa liberté de penser et de s’associer ainsi que sur ses capacités à trouver des solutions face au réchauffement climatique.