Selon une étude de Mabrian Technologies, l'escalade du conflit au Moyen-Orient provoque une détérioration marquée de la perception sécuritaire dans les destinations du Conseil de coopération du Golfe (CCG). L'entreprise a mené une analyse comparative portant sur le comportement et le sentiment des voyageurs, ainsi que sur les tendances observées sur trois mois auprès de cinq marchés émetteurs clés : le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, l'Italie et les États-Unis. L'étude examine également les destinations majeures situées dans la sphère d'influence du conflit, notamment l'Égypte, la Jordanie et la Turquie.
Les données révèlent que ces destinations, particulièrement les États arabes du Golfe, avaient investi des efforts considérables au cours de la dernière décennie pour consolider la sécurité comme pilier central de leur réputation, atteignant des scores constamment élevés et, dans certains cas, exceptionnellement résilients. Les résultats mettent en évidence la vulnérabilité de la perception sécuritaire en tant qu'actif stratégique, compte tenu de sa haute sensibilité aux tensions géopolitiques qui peuvent anéantir des années de travail en quelques jours seulement.
Chute brutale dans le Golfe
L'indice de perception de la sécurité (PSI) de Mabrian, mesuré jusqu'au 4 mars 2026, indique une détérioration prononcée du sentiment de sûreté des voyageurs dans les destinations du CCG, avec une intensité variable selon les pays.
Après le déclenchement des opérations militaires en Iran le 28 février, les marchés du CCG géographiquement proches du conflit ont enregistré les baisses les plus abruptes. Bahreïn a connu une contraction de 81 points sur 100, tombant à un niveau minimal de 9,6. Oman a enregistré un recul similaire, perdant 56,7 points pour atteindre 24,8 sur 100 à son niveau le plus bas. Le Qatar a décliné de 54,9 points, atteignant un plancher de 18,4 sur 100.
Parmi ces destinations, Bahreïn et Oman éprouvent davantage de difficultés à regagner le terrain perdu, tandis que le Qatar, aux côtés des Émirats arabes unis (EAU) et de l'Arabie saoudite, a commencé à absorber et stabiliser partiellement le choc. Les EAU et l'Arabie saoudite, bien qu'affectés négativement, ont démontré une résilience comparativement plus forte. Les Émirats ont enregistré une réduction de 48,3 points, atteignant un niveau minimal de 51,9 sur 100, tandis que l'Arabie saoudite a décliné de 13,6 points, touchant un plancher de 85,3 sur 100.
Effet de contagion régional
L'Égypte, la Jordanie et la Turquie, bien que non directement impliquées dans le conflit, subissent un effet de contagion attribuable à leur proximité géographique et à l'exposition perçue à la sphère d'influence du conflit.
La Jordanie, qui se situait à 77,6 sur 100 il y a un mois, a perdu 30,3 points à sa lecture la plus basse, bien qu'elle présente désormais des signes graduels de récupération. En revanche, le PSI de la Turquie a décliné de 25,8 points comparativement modérés depuis un pic de 83,8 sur 100, mais la trajectoire n'indique pas actuellement de rebond. L'Égypte demeure la moins touchée parmi les trois, avec une contraction de 7,6 points, ne montrant toujours aucun signe stable de récupération.
Un dénominateur commun à toutes les destinations analysées réside dans la réaction prononcée des voyageurs américains, dont la perception de la sécurité s'est révélée plus sensible que celle d'autres marchés émetteurs long-courriers clés. Le PSI parmi les voyageurs américains a enregistré des contractions substantielles : le Koweït a chuté de 87,3 points, les Émirats de 79,2 points et l'Arabie saoudite de 17,8 points.