La France impose un test PCR aux voyageurs européens

L’Europe juge la situation sanitaire « très grave », entend durcir les conditions de circulation et estime que tous les voyages non essentiels doivent être « fortement déconseillés ». Sur les tests PCR pour les voyages intra-européens, la France s’aligne sur ses voisins.

C’était prévisible au regard de la situation sanitaire actuelle. Après avoir décidé d’imposer deux tests PCR et une « septaine » pour les personnes en provenance d’un pays extra-européen, la France durcit ses règles pour les entrées sur son territoire depuis un autre pays européen. Un test PCR négatif, réalisé 72h avant le départ, sera désormais obligatoire pour tous les voyageurs européens arrivant dans l’Hexagone, à compter de ce dimanche, a annoncé Emmanuel Macron ce jeudi soir, à l’issue d’un Conseil européen.

Déjà appliquée par la plupart de ses voisins, cette mesure ne concerne pas le transport terrestre (train, voiture). Elle vise donc en priorité le transport aérien, le contrôle étant beaucoup plus facile à effectuer dans les aéroports que dans les gares et aux nombreux points de passages des frontières par la route. Et il s’agit clairement de ne pas pénaliser les frontaliers – ils sont 350 000 Français à franchir chaque jour une frontière pour aller travailler – et les routiers. Cette décision va aussi permettre d’imposer le test aux personnes en provenance d’un pays extra-européen effectuant une correspondance dans l’aéroport d’un autre pays européen pour se rendre sur notre territoire.

L’heure est clairement au durcissement des conditions de déplacement à l’intérieur de l’espace européen. «Tous les voyages non essentiels doivent être fortement déconseillés», a ainsi indiqué ce jeudi soir Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

La couleur rouge foncée va par ailleurs être ajoutée aux cartes du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) afin de mieux visualiser les régions de l’UE où les taux d’incidence sont les plus élevés, et qui pourrait, lorsqu’ils atteignent un certain seuil, imposer la quarantaine aux personnes en provenance de ces régions.

Les Européens sont également parvenus, jeudi soir, à s’accorder sur une reconnaissance mutuelle des résultats des tests antigéniques, certes un peu moins performants que les tests PCR mais qui permettent d’obtenir les résultats sur place en 10 à 30 minutes.

Les Vingt-Sept ont convenu aussi qu’un accord était possible sur « un certificat commun de vaccination » bien que les avis divergent encore sur un tel « passeport » standardisé, les pays touristiques tels la Grèce et l’Espagne y étant très favorables quand d’autres – dont la France – se montrent réservés au regard surtout des interrogations sur la contagiosité persistante même une fois vacciné, et du nombre très faible de gens aujourd’hui vaccinés. « Nous devrions être en mesure de nous mettre d’accord (…). Dans un second temps, nous pourrons voir si et dans quelles circonstances ce certificat peut être utilisé » a pour sa part déclaré le président du Conseil européen Charles Michel.