D'après le baromètre de l'association qui fédère près d’une centaine d’agences de conseil, création et production événementielle en France, 80% des clients n’interrogent jamais plus de trois agences en compétition, signe d’une volonté d’optimisation du processus de sélection.
LEVENEMENT avait donné rendez-vous aux acteurs du secteur vendredi dernier, dans les espaces lumineux du Pathé Palace, le grand cinéma du quartier de l’Opéra (Paris) récemment rénové. La matinée était en effet dédiée à la restitution des résultats de son deuxième Baromètre Clients (le premier avait été publié en 2023) réalisé avec Marketing Insight (*). Une étude instructive portant sur les attentes et besoins des entreprises collaborant avec les agences de communication événementielle.
Stéphane Abitbol, le président de LEVENEMENT, a ouvert l’événement par une courte introduction. Laquelle s’est poursuivie par une séquence de questions-réponses entre Alexandre Kouchner - journalise et conseiller en communication - comme intervieweur et Michel Rivet - directeur général de Moma Event - comme interviewé. Ce dernier a d’abord rappelé que l’événementiel était devenu « un pilier dans la stratégie des marques ». Ce que confirme le baromètre : 64% des répondants considèrent l’événementiel comme un élément central dans la construction d’une marque.
La conversation a vite tournée autour de la question des appels d’offres. Ceux-ci occupent en effet une place importante dans la démarche visant à confier un budget à une agence. En effet, l’appel d’offre reste systématique pour 58% des répondants. Cependant, les clients se disent aujourd’hui prêts à faire évoluer leurs méthodes pour rendre les compétitions plus efficaces, plus équitables et moins coûteuses pour les agences.
La prise de conscience sur les coûts générés par les appels d’offres semble s’étendre parmi les clients. 56 % des répondants estiment qu’un appel d’offres représente une charge supérieure à 10 000 € pour une agence ; 22 % d’entre eux situent même ce coût au-delà des 25 000 €. Cette prise de conscience pousse certains clients à réfléchir à des solutions plus équilibrées.
Alexandre Kouchner et Michel Rivet
«Nous ne sommes pas contre les appels d’offres mais certains annonceurs pensent eux aussi que ce n’est pas toujours la bonne solution », constate Michel Rivet qui a poursuivi : « Si on veut un niveau très élevé de recommandations, il faut accepter de rémunérer les agences ». Pourrait-on par exemple imaginer, sur des événements exigeants en temps et ressources humaines, 50% des frais de l’appel d’offres pris en charge par l’agence et 50% par l’annonceur ?
Dans le baromètre, 64 % des clients se disent ouverts à une facturation au temps réel (timesheet) une fois la relation engagée, et 92 % accepteraient de rémunérer l’excédent de temps passé sur les projets.
Pérenniser la relation avec les agences
Autre résultat du baromètre : 80% des clients n’interrogent jamais plus de trois agences en compétition, signe d’une volonté d’optimisation du processus de sélection.
Les résultats montrent également une volonté claire de stabiliser les relations avec les agences. 62 % des clients préférant des contrats à long terme soulignent la stabilité et la continuité comme principaux avantages. En revanche, 58 % de ceux qui privilégient des contrats au projet le font en raison de contraintes internes imposant la mise en concurrence systématique, et non par choix personnel.
(*) Ce baromètre a été réalisé « au travers d’un volet qualitatif d’entretiens approfondis auprès de 20 décideurs clients d’agences événementielles associé à un volet quantitatif online ayant réuni 120 clients ».