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Comment Momoamo souhaite-t-il se faire une place sur le marché du séminaire haut de gamme ?

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

20 mai 20264 min de lecture

Momoamo
Momoamo© Momoamo

Un mois après son lancement, Momoamo se positionne sur le marché de l'événementiel BtoB avec une offre de domaines premium entièrement privatisables. Destinée aux comités de 20 à 50 collaborateurs, la marque mise sur des séjours au vert proches des grandes villes. Olivier Ramel, son co-fondateur, détaille ce nouveau concept et ses perspectives de développement en France et en Europe.

Comment définiriez-vous le concept de Momoamo en quelques mots ?

Olivier Ramel : Momoamo est une collection de maisons et de domaines situés en pleine nature, à proximité des grandes villes, spécialement conçus pour accueillir des séminaires d'entreprise. Nous nous positionnons sur une offre premium, voire haut de gamme, idéale pour des séminaires, des retraites ou des événements professionnels.

Olivier Ramel, co-fondateur de Kymono et Momoamo Notre ambition est de réinventer l'hospitalité et l'événementiel BtoB. Bien qu'il existe beaucoup de produits sur ce marché, ils ne correspondent plus toujours aux nouveaux besoins des entreprises. Nous sommes convaincus que c'est le cadre qui crée le fond. C'est pourquoi nos lieux sont entièrement privatisables : un groupe correspond à une maison, sans aucun partage de l'espace. La privatisation est possible à la journée ou à la nuitée, mais depuis notre lancement, 80% de nos réservations portent sur des séjours de deux nuits et trois jours pour des groupes de 20 à 50 personnes. Côté prestations, nous proposons des offres flexibles allant de la location sèche à des formules de restauration sur mesure (traiteur classique, courses, chef à domicile ou traiteur de réception haut de gamme). Nous offrons également un large choix d'activités, notamment sportives.

Le marché est déjà très concurrentiel. Pourquoi lancer un tel concept aujourd'hui ?

À l'origine, Momoamo est une marque du groupe Kymono, une entreprise de services BtoB qui possède notamment une agence événementielle. Nous bénéficions donc d'une excellente connaissance du marché et des lieux existants. La demande pour les séminaires est en croissance constante, de l'ordre de 30 à 40% par an. S'il est vrai que de nombreux nouveaux acteurs apparaissent, on trouve finalement très peu de domaines à la campagne en pleine nature, au-delà d'acteurs historiques comme Châteauform', qui soient capables de répondre à toutes les exigences.

Selon moi, de nombreuses offres ne sont pas pensées à 100% pour les professionnels. De plus, l'aspect RSE est devenu un critère majeur pour inciter les entreprises à organiser leurs événements en France. Le produit idéal pour des groupes de 20 à 50 personnes n'existait tout simplement pas. Comme nous avions déjà notre propre clientèle BtoB, il nous a paru évident de créer le produit que nous jugions parfait. Nous misons véritablement sur l'effet "wahou" et nous y croyons très fort.

Vous avez lancé la marque il y a un mois. Quel est votre premier bilan en termes de fréquentation et de modèle de commercialisation ?

C'est un véritable carton plein. Pour les mois d'avril, mai, juin et juillet, nous affichons un taux de remplissage de 90 à 95%. Depuis le lancement officiel, nous avons d'ailleurs généré 400.000 euros de chiffre d'affaires. Notre objectif est désormais d'atteindre les 100% d'occupation en valorisant les week-ends et les vacances. Pour cela, nous nous adressons à des marques qui peuvent proposer nos lieux à des créateurs de contenus, ou pour des événements spécifiques comme des retraites sportives ou de bien-être. Nous acceptons également la clientèle BtoC en fonction des disponibilités.

Et concernant la distribution ?

Nous nous appuyons uniquement sur notre réseau direct pour la commercialisation et la contractualisation avec les entreprises. Nous n'avons pas encore entamé de discussions avec les plateformes de réservation. Nous ne sommes pas fermés à l'idée, mais cela rogne inévitablement sur nos marges. Nous réévaluerons ce sujet lorsque nous aurons plusieurs domaines à notre actif. Pour l'instant, nous préférons investir sur notre propre marque.

Quelles sont vos perspectives de développement pour les années à venir ? En France et peut-être en Europe ?

Pour le moment, nous avons inauguré notre premier domaine en Sologne en mars 2026. Nous avons déjà signé pour 3 autres propriétés, qui seront en travaux cet été pour une ouverture prévue en 2027. Notre stratégie initiale est que nos 5 premières maisons se situent à une ou deux heures de Paris. Actuellement, notre clientèle est principalement parisienne en raison de notre positionnement haut de gamme, avec un panel très varié comprenant de grands groupes ou encore des startups. La répartition se fait de manière très naturelle. Nous pourrons sans doute mieux segmenter d'ici un an ou deux pour voir si nous attirons davantage le secteur du luxe, mais notre cœur de cible reste le BtoB.

À plus long terme, notre ambition sur ce marché est d'atteindre une trentaine ou une quarantaine de biens d'ici 7 à 10 ans. Le marché français pourra accueillir 20 à 25 domaines, ce qui nous semble un excellent maillage. Ensuite, nous nous tournerons rapidement vers l'Europe, notamment vers les pays limitrophes ou proches de la France. L'international n'est pas la priorité absolue dans l'immédiat, mais ce développement sera stratégique sur le long terme et pourrait d'ailleurs aller plus vite que prévu en fonction de nos résultats.

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