Etude Atout France/EY : quel est l’impact du Covid-19 sur l’événementiel ?

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Afin d’apporter aux acteurs de la filière des éléments leur permettant de se projeter et de préparer la reprise de l’activité, Atout France a commandé une étude au cabinet EY. Ses résultats sont instructifs.

Depuis le début de la crise sanitaire qui frappe durement l’industrie des rencontres et événements professionnels, les acteurs du secteur ont du s’adapter et réinventer leurs offres. Mais le manque de visibilité à moyen terme les plonge dans l’incertitude face à l’avenir. L’étude réalisé cet été par le cabinet EY, à la demande d’Atout France, vise à se projeter et préparer le redémarrage de la filière. Cette enquête a été effectuée avec l’appui des bureaux du GIE, l’opérateur de l’État français en matière de tourisme, en Allemagne, Grande-Bretagne et Belgique, grâce à leur réseau de contacts locaux. Ceux-ci représentent en effet un panel très ciblé d’organisateurs d’événements : agences événementielles, associations organisatrices de congrès, grandes entreprises…. Les résultats présentés ci-dessous se basent sur une enquête menée en août et septembre dernier. Mais les constats exprimés ne prennent bien sûr pas en compte les inflexions liées à la reprise de l’épidémie et aux reconfinements mis en place pour y faire face.

Les vagues d’enquêtes seront renouvelées sur le premier et le second semestre 2021 pour actualiser la perception et les résultats et être en capacité de toujours mieux anticiper les enjeux auxquels toute l’industrie doit faire face.

Voici les principaux enseignements de l’enquête :
► 46% d’événements reportés, transformés ou même maintenus
L’étude témoigne tout d’abord de la très forte réactivité des acteurs du secteur. En effet, 46%des événements prévus ce printemps et cet été ont été sauvegardés : ils ont seulement été reportés ou transformés, voire tout simplement maintenus.

Les événements digitaux ont connu une forte accélération depuis le début de cette crise mais sont progressivement remplacés, lorsque cela est possible, par les événements hybrides. Ceux-ci permettent d’entretenir et de renforcer des réseaux de manière plus humaine, en présentiel, tout en élargissant les possibilités de rencontres en réduisant les risques sanitaires et l’impact écologique, à distance.
►Divergences quant aux perspectives de reprise
S’agissant des perspectives de reprise, l’enquête démontre cependant que les points de vue divergent sensiblement: alors que les entreprises commanditaires n’envisagent pas de réel redémarrage avant le second semestre 2021 (voire plus tard pour les séminaires et salons), les associations et agences organisatrices misent quant à elles sur un rebond se situant plutôt au premier trimestre 2021, notamment pour les séminaires, les lancements de produit et les opérations de team-building.
Le manque de confiance et l’absence de visibilité sont cependant extrêmement marqués au sein des entreprises, dont près de la moitié n’a même pas souhaité ou pu se prononcer sur cette éventuelle reprise. Les secteurs les moins touchés par la crise (pharmaceutique, technologies et biens de consommation) seront les premiers à vouloir réorganiser des manifestations professionnelles et méritent donc une attention particulière de la part des acteurs de l’industrie des rencontres et événements professionnels.

► La France bénéficie de son statut de référence mais doit offrir des garanties
L’étude révèle par ailleurs que la France reste une destination de référence sur les trois marchés sondés, et qu’elle peut tirer son épingle du jeu en se différenciant grâce à son positionnement central en Europe de l’Ouest, à un large choix d’offres, une culture recherchée et un territoire varié géographiquement.
Pour les professionnels interrogés, le retour de la confiance et des opérations, outre la levée des barrières réglementaires, passera par plusieurs facteurs clés :
– L’adaptation des prestations et tarifs pour préserver la rentabilité des opérations;
– La mise en place et le respect de protocoles sanitaires sécurisants;
– L’hybridation des événements avec une part significative donnée au digital;
– L’optimisation de l’empreinte environnementale des événements;
– La proximité d’abord, avec une extension du rayon d’action géographique progressive.

En effet, la reprise s’opèrera clairement en cercles concentriques, en premier lieu sur des événements locaux et nationaux, mais les voisins de la France pourraient d’ici quelques mois redevenir des clients solides et prêts à faire confiance à la destination France.

Enfin, cette enquête montre que l’industrie des rencontres professionnelles devrait être durablement impactée par la crise dans la conception même des événements (avec la part croissante du digital et de l’hybridation des formats), leur localisation (des espaces moins «intensifs», moins lointains, à la campagne, voire en extérieur) et leur modèle économique qui est à réinventer pour trouver de nouveaux équilibres.