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Le MICE sauve les salons français au T1 2026

Au premier trimestre 2026, l'événementiel en France affiche des résultats contrastés : salons pro en hausse, grand public en recul, d'après l'UNIMEV.

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David Keller

David Keller

20 mai 20263 min de lecture

Le MICE sauve les salons français au T1 2026
Le MICE sauve les salons français au T1 2026© AdobeStock

Selon le baromètre trimestriel publié par l'UNIMEV (Union Française des Métiers de l'Événement) en mai 2026, le secteur des salons et foires en France présente une dynamique hétérogène au cours des trois premiers mois de l'année. Si l'offre globale continue de se renforcer - avec une progression de 3,6% du nombre d'exposants et de 5,8% des surfaces nettes occupées, la fréquentation totale accuse un recul de 12% par rapport à la session précédente. Cette évolution contraste avec les performances de l'année 2025, où les trois indicateurs clés avaient progressé simultanément.

Face à ces chiffres, "Ces résultats confirment que l'événementiel est en transformation. Les fondamentaux restent solides, notamment sur le segment professionnel, mais les attentes des publics évoluent. Notre rôle est d'accompagner cette évolution pour continuer à créer des événements toujours plus utiles, attractifs et performants", ont déclaré conjointement Béatrice Cuif-Mathieu et Philippe Pasquet, co-présidents d'UNIMEV.

Les salons pro progressent

Le segment professionnel confirme sa résistance au premier trimestre 2026, affichant une trajectoire positive sur l'ensemble des indicateurs mesurés. Le nombre de visiteurs progresse légèrement de 0,2%, tandis que le nombre d'exposants enregistre une hausse de 0,8% et les surfaces nettes une croissance notable de 8,4%. Ces chiffres témoignent de la solidité structurelle de l'offre professionnelle, portée par une demande toujours soutenue de la part des entreprises.

Ces salons professionnels continuent de jouer un rôle stratégique en matière de prospection commerciale, de mise en réseau et de développement des affaires, dans un contexte économique pourtant incertain. La dynamique est encore plus marquée pour les salons à dimension internationale, qui concentrent les meilleures performances du trimestre. Ces événements enregistrent une progression de 13,6% du nombre d'exposants, de 10,3% des surfaces nettes et de 2,7% des visites. Ces hausses reflètent le regain d'attractivité de la France comme destination de référence pour les salons d'envergure internationale, ainsi que l'intérêt croissant des acteurs économiques étrangers pour le marché européen.

Grand public en net recul

À l'inverse, les événements ouverts au grand public (B2C) connaissent une phase de repli marquée au premier trimestre 2026. Les trois indicateurs sont orientés à la baisse : le nombre d'exposants diminue de 4,9%, les surfaces nettes reculent de 4%, et la fréquentation chute de 15,1%. L'UNIMEV explique en partie cette évolution par un effet conjoncturel lié au recul du visitorat du Salon International de l'Agriculture, événement majeur pesant lourdement sur les statistiques du segment grand public en début d'année.

Au-delà de cet impact ponctuel, cette tendance traduit une évolution plus profonde des comportements : les visiteurs se montrent désormais plus sélectifs dans leurs choix de déplacements et leurs dépenses. Face à une offre toujours abondante, les organisateurs d'événements grand public sont amenés à repenser leurs formats et à proposer des expériences plus ciblées et attractives pour reconquérir leur audience. Le renforcement des animations, la personnalisation du parcours visiteur et la clarté du positionnement thématique apparaissent comme des leviers essentiels pour inverser cette tendance.

L'Île-de-France reste moteur

Sur le plan territorial, l'écart entre la région capitale et le reste du territoire se confirme au premier trimestre 2026. L'Île-de-France maintient son rôle de locomotive du secteur événementiel, avec une progression de 11,1% des exposants et de 10,6% des surfaces nettes, en dépit d'un léger recul des visites de 2%. Cette dynamique reflète la concentration des grandes infrastructures d'accueil, des acteurs institutionnels et des organisateurs de premier plan en région parisienne, qui bénéficie d'une accessibilité internationale renforcée.

À l'opposé, les régions affichent des résultats nettement plus défavorables. Le nombre d'exposants y recule de 4%, tandis que la fréquentation accuse une baisse de 18,8%. Les surfaces nettes, quant à elles, n'enregistrent qu'une progression très limitée de 0,2%. Ce décrochage territorial interroge sur la capacité du secteur à dynamiser l'ensemble du maillage national, à l'heure où de nombreux territoires cherchent à renforcer leur attractivité économique par l'événementiel.

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