Le Pal souhaite tripler son activité MICE d'ici 2029
À la fois parc d’attractions et parc animalier, Le Pal, situé dans l’Allier, entend accélérer sur le marché des séminaires et des événements d’entreprise. Encore marginale dans son chiffre d’affaires, l’activité MICE a presque triplé en un an et constitue désormais une priorité stratégique pour le site, qui vise le million d’euros de chiffre d’affaires sur ce segment.
L’activité MICE représente aujourd'hui entre 250.000 et 300.000 euros de chiffre d’affaires en 2026, pour un chiffre d’affaires global d’environ 36 millions d’euros. Cela correspond à une part encore inférieure à 1%, mais cette activité progresse rapidement : son chiffre d’affaires a presque triplé par rapport à 2025. Le potentiel de développement est donc important. Jusqu’à présent, le MICE était un sujet assez secondaire dans notre organisation. Il est désormais devenu une priorité parmi les priorités.
Quels investissements avez-vous engagés pour faire croître cette activité ?
Nous avons identifié un véritable potentiel de croissance et décidé d'y dédier une personne à la commercialisation et à l’exécution des séminaires. Notre offre repose sur plusieurs composantes : la location de salles, la restauration et l’hébergement. Nous disposons de 60 suites, comprenant chacune deux chambres, ainsi qu'une trentaine de lodges. Au total, nous pouvons héberger jusqu’à 180 personnes sur place et accueillir jusqu’à 120 participants dans notre salle de séminaire.
Pour un séminaire classique de plus de 120 personnes, les capacités deviennent plus contraintes. En revanche, dans une configuration plus événementielle, avec une privatisation ou une semi-privatisation du parc, nous pouvons dépasser le millier de participants. Nous sommes alors en mesure de proposer une expérience complète, avec l’hébergement, la restauration, les animations et le divertissement. Il est également possible d’ouvrir une attraction spécialement pour un groupe. Le marché du MICE est un marché déjà exploité par d’autres parcs, et nous sommes prêts à développer ce type d’offre. Notre principal atout est notre flexibilité, nous savons nous adapter aux demandes, tout en étant transparents sur ce qui est réalisable ou non.
Quels types de clients accueillez-vous aujourd’hui ?
Notre clientèle est principalement française, même si nous travaillons aussi avec quelques entreprises internationales disposant d’une base en France. Nous avons également accueilli un congrès, ce qui montre que notre offre peut répondre à des formats variés, au-delà du seul séminaire d’entreprise. Jusqu’à présent, 100% de nos séminaires provenaient d’appels entrants, essentiellement grâce au bouche-à-oreille. Nous avons longtemps privilégié le sur-mesure plutôt qu’une démarche de prospection commerciale structurée. Le changement d’organisation doit désormais nous permettre de gagner en visibilité et de toucher davantage d’entreprises.
Quels seront les principaux leviers de croissance ?
La croissance passera probablement par une meilleure visibilité et par notre présence sur des plateformes type marketplace événementielle. Pour le moment nous n'avons pas encore sauté le pas, mais c'est une option que nous étudions sérieusement. Nous voulons également mieux faire connaître les possibilités offertes par le site. Le Pal permet d’organiser des séminaires, mais aussi des événements plus importants, en combinant hébergement, restauration, animations et accès privatisé à certaines attractions.
Le contexte est aussi favorable. Les entreprises recherchent davantage de destinations accessibles, qui permettent de limiter le recours à l’avion. Nous souhaitons surfer sur cette tendance en valorisant un cadre dépaysant, tout en restant dans une logique de proximité.
L’accessibilité et les infrastructures constituent-elles encore un frein ?
C’est un point de vigilance. L’offre hôtelière autour du parc reste limitée. Il faut parfois se tourner vers Moulins ou Vichy pour trouver des capacités complémentaires. La gare la plus proche se trouve également à Moulins, à environ 30 minutes de route. Cela demande de l’organisation, mais il est possible de mettre en place des navettes ou des bus pour assurer les transferts. Nous devons simplement anticiper cette dimension logistique dans la construction des événements. À terme, le développement de capacités hôtelières supplémentaires permettrait de lever une partie de ces contraintes.
Quel peut être l’impact du MICE sur l’activité hôtelière et les retombées économiques du territoire ?
Le MICE est particulièrement intéressant parce qu’il peut contribuer à remplir les périodes creuses et les périodes de fermeture du parc au grand public. Les entreprises peuvent bénéficier d’un environnement dépaysant, d’une offre de restauration et d’activités, y compris lorsque l’activité loisirs est moins importante.
Le développement du MICE s’inscrit également dans une dynamique soutenue par les acteurs publics. La salle de séminaire a été cofinancée par la Région, et Le Pal bénéficie d’un soutien important des autorités départementales. Le parc est aujourd’hui la première destination touristique d’Auvergne-Rhône-Alpes en fréquentation, devant notamment l’Aiguille du Midi, ce qui confirme son rôle majeur dans l’attractivité du territoire. Le développement du MICE peut donc générer des retombées qui dépassent largement le seul chiffre d’affaires du parc, notamment pour l’hébergement, la restauration, les transports et les prestataires locaux.
De nouveaux projets sont-ils prévus pour renforcer cette activité ?
Un projet hôtelier est envisagé à l’horizon 2031. Il permettrait d’augmenter le nombre de chambres disponibles et d’intégrer davantage les besoins spécifiques du MICE. Par ailleurs, un projet important doit être annoncé prochainement pour le parc, avec une nouvelle attraction prévue en 2028. Ce type de nouveauté contribue aussi à renouveler l’intérêt des entreprises et à proposer de nouveaux formats d’événements.
La dimension RSE constitue également un axe de différenciation. Nous sommes labellisés au plus haut niveau du label Divertissement durable et bénéficions aussi du label Tourisme & Handicap. Ce sont des engagements qui répondent aux attentes croissantes des entreprises et qui peuvent nous permettre de nous démarquer dans les appels d’offres.
Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour les prochaines années ?
Nous aimerions tripler notre activité MICE dans les deux prochaines années et atteindre environ un million d’euros de chiffre d’affaires sur cette activité. L’objectif est de faire du MICE un véritable relais de croissance. Il faut désormais mieux faire connaître notre offre et structurer notre démarche commerciale pour exploiter pleinement ce potentiel.