Les Inno’vents anticipent un “événement du futur” RSE et porteur de sens

L'Innovatoire, le laboratoire prospectif créé par Unimev (Union Française des Métiers de l'Événement), a organisé mercredi dernier - en partenariat avec Eventmaker - son premier événement en présentiel, après quatre ans d'existence.

Baptisé Inno'vents, l'événement se tenait au Morning Concorde, un espace de co-working situé au dessus de l'Hôtel de la Marine, avec vue sur la place de la Concorde. Près de 80 personnes (membres du CA Unimev, adhérents, partenaires, étudiants…) sont venus écouter quatre débatteurs. Thème volontairement ambitieux de cette première table ronde : «L’événement du futur».

Animé par Nathalie Guichard, le rendez-vous a mis en exergue les multiples transformations sociétale et économique du secteur. Avec notamment le digital comme accélérateur de la transformation. Vincent Larquet, enseignant chercheur EM Normandie, a pour sa part insisté sur l'intérêt supérieur d'un événement, qui doit tenir compte des défis de notre époque (réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, diminution des ressources...). “L'événement est très matériel et donc en première ligne sur tous ces craquements”, a-t-il souligné. “Il est aussi la rencontre de personnes, qu'elle soit physique ou digitale, qui doit montrer sa capacité à faire se transformer les éco-systèmes dans une période d'une incertitude totale (…). Il faut désormais tester de multiples solutions, expérimenter tout le temps”.

Pour Jon Lipfeld, Head of marketing and engagement chez Eventmaker, l'organisateur doit “mettre plus de sens (…). Il faut aller chercher un objectif qui nous dépasse un peu, au-delà de l'aspect business ou de la dimension rencontre”.

Remy Margerie, directeur du 28 George V, l'un des sites du groupe Châteauform, est revenu sur le design des moments de convivialité qu'apporte le groupe français leader européen dans l’organisation de séminaires. Sur les actions mises en oeuvre, il a reconnu l'importance d'être “porteur de sens, et même d'aller plus loin, d'être militant et engagé”. Et de citer en exemple le choix de se recentrer sur des lieux de proximité ou, pour la partie restauration, de privilégier les produits de saison et les circuits courts.

Aziliz de Veyrinas, directrice déléguée Evénements Les Echos-Le Parisien - un pôle qui pèse une cinquantaine de millions d'euros de chiffre d'affaires annuel aujourd'hui - a rappelé que la rencontre en présentiel restait la priorité numéro un. Et pour donner envie de revenir sur les événements, elle a insisté sur la gratification, le supplément d'âme, l'émotion... “Nous sommes partis sur des codes de gaming et d'entertainment”, a-t-elle précisé.

Pourquoi le groupe de presse se développe-t-il ainsi sur l'événementiel ? “Nous cherchons de nouvelles sources de revenu. Mais ce modèle de diversificaiton vise aussi et surtout à prolonger le contenu naturel des rédactions” a poursuivi Aziliz de Veyrinas, tout en insistant sur une volonté de proposer des événements “qui ont du sens et du lien avec notre raison d'être”.

Jon Lipfeld a insisté sur la nécessité de réfléchir à la fonction d'un événement, à sa dimension médiatique, transactionnelle, relationnelle. “Il y a plein de voies pour faire de l'événementiel. On doit se demander quel est son apport de valeur”. Et cela passe, au-delà de la technologie et des outils, par la pertinence du contenu, l'intégration des valeurs et de la culture d'entreprise. Vincent Larquet s'est pour sa part interrogé sur le metaver appliqué à l'événementiel : à quel public s'adresse-t-il ? Pour quel objectif ? Cette technologie est-elle vraiment pour moi ? Pour les grandes manifestations réunissant les experts comptables, on peut en douter...