Les pros du Mice cochent le 15 mai sur leur agenda

A l'issue de l'allocution du 31 mars d'Emmanuel Macron, l'Union des métiers de l'événement (Unimev) a immédiatement pris date pour un 15 mai présenté comme le départ d'un processus de détente des contraintes sanitaires.

"Dès la mi-mai, nous recommencerons à ouvrir, avec des règles strictes, certains lieux de culture. Nous autoriserons sous conditions l’ouverture de terrasses et nous allons bâtir entre la mi-mai et le début de l’été, un calendrier de réouverture progressive pour la culture, le sport, les loisirs, l’événementiel, les cafés et restaurants."

C'est en toute fin de son allocution qu'Emmanuel Macron a annoncé ce processus de reprise, à partir de la mi-mai, d'un certain nombre d'activités, mais ça n'a pas échappé au professionnel du Mice (et de l'event plus généralement), notamment l'Unimev, qui déclare prendre acte "de cet horizon de réouverture pour l’événementiel".

Y voyant "enfin une lumière au bout du tunnel (...) rendu(e) possible par l’intensification d’une vaccination de masse", l'association professionnelle se dit "prête à coconstruire les conditions (d') une réouverture complète d’ici l’été, même par étapes, avec des jauges et sous conditions strictes."

Comme échaudée par l'expérience frustrante d'échéances sans cesse repoussées depuis un an, l'Unimev reste cependant très prudente quand elle déclare : "cet horizon devra être tenu car il faut en finir avec les faux espoirs. Nous avons besoin dès à présent de pouvoir donner de la visibilité à l’ensemble de la filière et aux clients de ces rencontres.

Circonspection

On frise la circonspection et c'est bien normal, pour au moins deux raisons. D'abord, ce besoin d'anticipation qui resserre le calendrier à l'extrême, au moins pour les événements professionnels. En effet, il faut un minimum de quatre semaines entre le feu vert à l'organisation d'un event professionnel et sa tenue effective - du moins pour les événements d'une jauge d'une centaine de personnes ou plus. Traduction : si, dans cette reprise graduelle, le "go" gouvernemental est donné après début juin, autant miser sur des reports en septembre, le mois de juillet étant peu propice aux événements professionnels.

Et le risque d'une autorisation tardive existe bel et bien pour ce secteur : il a été le premier à voir son activité partiellement puis totalement gelée en 2020, on peut malheureusement supposer qu'il ne sera pas le premier à repartir...

Ensuite, parce que, comme tout au long de ses sept allocutions durant cette année pandémique, le chef de l'Etat s'en est tenu à fixer les axes, au gouvernement de gérer l'intendance, leur traduction dans les faits. Alors en quoi pourrait consister cette reprise pour l'événementiel ? Quel calendrier (on l'a vu), mais aussi quelles jauges (d'un séminaire de PME à un congrès, il y a une marge)...

Et enfin, s'il s'agit d'une autorisation globale pour le secteur, fût-elle sous contraintes drastiques, qu'en est-il de ce projet d'événements (un congrès, une convention, un salon pro) pilotes en mai, avec retour d'expérience circonstancié pour préparer un redémarrage en septembre, que Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au Tourisme appelait de ses voeux en collaboration avec la CCI de Paris-ïle-de-France ? 

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Quoiqu'il en soit, dans cette perspective, pour peu précise qu'elle soit, l'Unimev déclare aussi : "Nous sommes à la disposition du Gouvernement avec lequel nous comptons poursuivre nos échanges réguliers pour construire le programme de réouverture de la filière événementielle française et les modalités de tenue de ces rencontres, tant attendues."

Les acteurs sont donc dans les starting-blocks. C'est le timing du starter et les conditions de la course qui restent en suspens.