La société Kabaun, éditrice technique du calculateur Cléo Carbone utilisé par la filière événementielle française, a obtenu la conformité à la méthode Bilan Carbone de l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC). Cette validation fait suite à un audit de six mois portant sur 27 critères répartis en quatre axes : cadre technique, accompagnement, transparence des sources et communication.
Une certification dans un marché en expansion
L'ABC souligne que cette reconnaissance intervient alors que les solutions de calcul d'émissions se multiplient sur le marché, sans toujours respecter les exigences de la méthode Bilan Carbone. L'association rappelle qu'une évaluation complète nécessite la collecte de données précises, une couverture exhaustive des postes d'émission, ainsi qu'une traçabilité et une transparence des facteurs utilisés.
La plateforme Cléo Carbone, développée en marque blanche par Kabaun pour l'UNIMEV, rejoint ainsi la liste des outils reconnus conformes. Cette certification garantit notamment que les résultats produits sont identiques à ceux des tableurs officiels du Bilan Carbone.
Un enjeu pour une filière sous pression
L'UNIMEV, qui fédère plus de 430 adhérents représentant environ 85% de l'activité du secteur événementiel en valeur, a fait de la mesure carbone un axe structurant. La filière, qui génère selon ses estimations un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros pour 40 000 emplois directs, a intégré la réduction de l'empreinte carbone dans son contrat de filière signé avec les pouvoirs publics en juillet dernier.
Cette démarche s'inscrit dans un contexte réglementaire en évolution, où les acteurs économiques sont de plus en plus tenus de mesurer et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La question de la fiabilité et de la comparabilité des données entre acteurs d'un même secteur devient centrale.
Les limites de l'exercice
Si la certification apporte une garantie méthodologique, elle ne préjuge pas de l'utilisation effective de l'outil par les professionnels du secteur, ni de l'ampleur des réductions d'émissions qui en découleront. La mesure, aussi rigoureuse soit-elle, ne constitue qu'une première étape dans une démarche de transition qui implique ensuite des choix opérationnels et des investissements concrets.
L'année 2025 marque le dixième anniversaire des Accords de Paris, dont les objectifs de réduction des émissions restent, selon les derniers rapports du GIEC, largement hors d'atteinte à l'échelle mondiale.